L'essentiel de la solution réside dans la nécessité
d'augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée, ce qui peut
être obtenu par une augmentation de la part de la cotisation versée
par l'employeur.
Avec cette phrase n'a-t-on énoncé qu'un " yaqua "
de plus ? Nous ne le pensons pas car la retraite par répartition avec
la cotisation sociale est le seul système qui permet d'éviter
à la fois la fiscalisation et le retour à l'économie
de la rente. Tous les pays, qui ont adopté un système avec un
étage basé sur la solidarité nationale, n'assurent par
ce biais qu'un filet social, laissant le reste à des systèmes
très peu égalitaires. Quant à la rente, pourquoi revenir
à un système qui a déjà fait faillite plusieurs
fois, la dernière en France, n'étant pas si vieille avec l'effondrement
des systèmes de capitalisation d'entreprises pendant la seconde guerre
mondiale avec la forte inflation. La répartition avec ses deux étages
obligatoires dans le privé, retraite dite sécurité sociale
et retraite complémentaire ou un seul dans le cas des pensions civiles
a montré sur les derniers cinquante ans qu'elle avait su résoudre
l'ensemble des problèmes auxquels elle a été confronté,
permettant la disparition de la misère des "vieux".
Ces principes
posés, comment éviter que les chantres de la capitalisation
ne placent des coins dans cet édifice ? Le coin le plus patent actuel,
est l'ensemble des mesures Balladur qui conduisent à une dégradation
progressive mais forte du taux de remplacement pour les salariés du
régime général. Cette réalité, même
si elle est en partie masquée par la progressivité de l'application
des mesures, fait le lit de tous les discours sur la nécessité
d'un troisième étage.
L'enjeu pour le mouvement syndical est de réussir une bataille interprofessionnelle
et unitaire pour arracher la remontée de la part des salaires dans
la valeur ajoutée ( -10% entre 1983 et 1993 )
D'où l'importance d'un syndicalisme confédéré
et offensif, l'unité d'action n'est peut-être pas une si vieille
lune que cela !.
Un autre enjeu est d'accroître encore la mutualisation, plus celle ci
sera large, mieux les difficultés locales ( une profession particulière
ou une région particulière) pourront être lissées.
L'enjeu de cette bataille pourrait être la construction au niveau européen
de principes généraux d'un système de retraite à
prestations définies fixant un taux de remplacement identique, chaque
pays déclinant ensuite ces principes en fonction de sa propre histoire
de construction de protection sociale. Le lieu d'élaboration peut être
la confédération européenne des syndicats qui rassemble
maintenant l'ensemble des grandes confédérations nationales.
Ce passage à l'offensive sur ce dossier permettrait de rompre les faux
débats qui font le jeu des assureurs de tout poil qui lorgnent sur
les milliards des pensions gérés sans accumulation financière.
(quand on voit ce qu'AXA ose proposer aux parents d'handicapés, on
frémit à l'idée de les voir s'occuper de notre protection
sociale). Ces faux débats peuvent revêtir plusieurs atours, que
ce soient ceux de la défense d'une classe d'âge contre une autre
comme si certains ne vieillissaient pas, que ce soit l'opposition privé/public
alors que juste avant 1993, les taux de remplacement des 2 secteurs convergeaient,
ce qui rend d'autant plus urgent la bataille évoquée dans le
premier paragraphe, que ce soit la transition démographique lourdement
évoquée sans aucune prise en compte des gains d'efficacité
qui permettent avec moins d'heures de travail de produire autant de richesses.
L'enjeu central est bien, redisons le, la réaffectation d'une partie
de ces gains communs aux salaires via la cotisation pour éviter que
ce soit seulement une petite frange qui s'accapare sous forme de revenus financiers,
l'effort de tous. Ceci dégagera des marges de manuvres permettant
une harmonisation positive pour tous, ce que permet la richesse de nos pays.
Ce n'est que dans cette dynamique à lancer, que l'on pourra par exemple
pour les météos rouvrir le chantier de l'accès à
une retraite anticipée pour ceux qui ont fait plus de quinze ans de
travail posté avec des dimanches et jour fériés ou des
nuits (appelé service actif dans le code des pensions).
On le voit, les chantiers sont ouverts, la position des météos
souvent à la pointe d'une coopération européenne et internationale
par nécessité scientifique, seront présents pour ces
batailles interprofessionnelles à mener dans un cadre social européen
à bâtir de toute urgence.
Pour la CFDT/météo, Laurent Mérindol