Les transformations démographiques sont réelles,
la durée de vie s'allonge (et c'est tant mieux), la proportion des
retraités par rapport aux actifs augmente, et ce n'est pas nouveau.
Le chômage total ou partiel reste très important en France mais
promettre à la jeunesse un avenir de chômage jusqu'en 2040, comme
le fait le rapport Charpin, est criminel !
Les retraites sont du salaire. Mais la part revenant au salaire dans la valeur
ajoutée des entreprises a diminué de 10 % en 20 ans, il manque
donc environ 800 milliards de Francs pour la rémunération des
salariés actifs ou retraités, pour l'emploi et la protection
sociale. Actuellement, cette importante masse d'argent soustraite au salaire
n'est pas utilisée pour l'investissement dans la production mais pour
la spéculation financière alimentant les indices boursiers qui
battent des records sans rapport avec les progrès réels de la
productivité. C'est pourquoi, les fonds de pension et autres formes
d'" épargne salariale " ne peuvent apporter de réponse
fiable au problème du financement des retraites : leur logique financière
et spéculative est fondamentalement en contradiction avec le développement
nécessaire de l'économie réelle, le retour au plein emploi,
l'amélioration de la formation et des qualifications qui seront nécessaires
aux actifs pour la production future de richesses. Car ce sont les richesses
créées dans la période qui financent, et elles seules,
les ressources des inactifs. Il faut donc produire ces richesses en quantité
suffisante et pour cela mobiliser les actifs dès maintenant, créer
les emplois, abaisser la durée du travail, augmenter le niveau des
salaires individuels et la part revenant au salaire dans la valeur ajoutée.
L'avenir est maîtrisable !
Le financement des retraites futures n'est pas un problème technique,
comptable, financier,
c'est un problème politique. La France
a les moyens de consacrer au financement des retraites de quoi assurer le
maintien des taux de remplacement actuels pour l'ensemble des catégories.
Mais il faut une autre politique économique et sociale, une volonté
réelle de création d'emplois, y compris dans la fonction publique.
Il faut clairement faire le choix de la croissance, d'une utilisation et d'une
répartition plus justes des richesses créées.
Cela suppose d'annuler les mesures régressives prises contre les retraites
des salariés du privé. Cela suppose un effort qui sera moindre
si le taux de chômage est réduit et la productivité du
travail en progrès. Et la solidarité entre générations
et catégories sociales sera consolidée.
La FSU (Fédération Syndicale Unitaire) préconise d'améliorer
les régimes actuels de répartition, en conservant le lien entre
les cotisations et les salaires, et en explorant les pistes suivantes :
mettre à contribution les revenus non salariaux et notamment les revenus
financiers ;
moduler les taux ou aménager l'assiette (1) des cotisations dites employeurs
de manière à encourager les activités créatrices
de richesses et éviter de pénaliser les activités qui
nécessitent une main-d'uvre importante. Ces modulations auraient
l'avantage d'avoir des effets en retour positifs sur les choix de développement
et sur les créations d'emplois ;
prendre en compte les périodes de formation et d'interruption d'activité
;
coordonner les politiques fiscales et parafiscales au niveau européen
pour éviter le dumping social.
Pour garantir l'avenir des retraites et voire même l'améliorer,
les salariés du privé et du public doivent exprimer leur solidarité.
(1) Assiette : ensemble des revenus et sommes sur lesquels sont perçues les cotisations.