Explosion de la précarité, chiffres impressionnants de salariés confrontés à ce fléau - jeunes particulièrement touchés, tout cela est connu, analysé.
Ce dont on ne parle pas assez, ce qu'il faut dire, haut et fort, ce sont les conséquences concrètes sur la vie des salariés précaires, sur la vie de leur famille. Nous avons réalisé une cassette vidéo lors de notre dernier congrès départemental, avec comme thème central la précarité, l'exclusion, car on ne peut, selon nous, dissocier ces deux phénomènes.
Edifiant, tel pourrait être résumé le contenu de cette cassette. De quoi parlent les précaires : de l'emprunt refusé pour acheter une voiture nécessaire pour bosser, de la famille non fondée pour cause de précarité, de certains qui parcourent à pied plusieurs kilomètres pour se rendre au travail, d'autres encore qui vivent dans leur voiture, de la peur permanente de perdre son job. Mais elles et ils parlent aussi les précaires, de la pression patronale, de l'obligation des cadences, du syndicat pas fait pour eux, de la nouvelle forme d'esclavage que constitue la précarité.
La CGT n'a cessé, ces dernières années de combattre la précarité. Des initiatives prises dans nombre d'entreprises du secteur public et privé, des acquis importants furent obtenus :
- transformation d'emplois précaires en emplois stables ;
- titularisation de salariés ;
- requalification de contrats devant les tribunaux.
Plusieurs centaines de salariés précaires, chaque année, bénéficient ainsi d'une avancée considérable de leur statut.
Nous devons continuer à dénoncer toutes les formes de travail précaire. Aujourd'hui, près de 80 % des embauches se réalisent ainsi sous un statut au rabais, et progressivement il devient " normal " de passer par le " sas " de la précarité. Les emplois jeunes gouvernementaux portent en eux cette réalité. Par conséquent doit continuer à monter le front du refus de la précarité, doit continuer à se développer toutes initiatives pour que statut, garanties collectives redeviennent la règle pour tous.
Bruno BOUVIER,
Secrétaire UD-CGT