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Sommaire numéro 4, juin, juillet, août 1997. Laïcité

Vous avez dit "laïcité" ?

Mettons-nous bien d'accord sur le sens des mots employés : une mise au point du Comité d'Action Européenne Démocratique et Laïque (CAEDEL).

Laïques ou laïcs ? Pour l'Eglise, les non-clercs engagés au sein de l'institution religieuse sont des "laïcs", comme par exemple les sacristains. Les citoyens partisans de l'indépendance de l'Etat vis-à-vis des religions, donc favorables à la laïcité, sont des laïques, qu'ils soient ou non croyants. Le laïcisme est l'ensemble des valeurs philosophiques sur lesquelles se fonde la laïcité, considérée, elle, en tant que statut civique et social.

Laïcité : un statut civique et social

Indépendance de l'Etat et des services publics vis-à-vis des institutions et influences religieuses : telle est la pierre de touche du caractère laïque d'un pays. Les clergés et les prêtres n'y sont dotés d'aucun statut particulier. Ils n'ont aucun droit à intervenir ès qualité, ni directement ni indirectement, dans la vie politique du pays. L'Etat garantit la totale liberté des cultes et de la diffusion de la pensée mais il ne favorise aucune Eglise ni aucune communauté religieuse, pas plus financièrement que politiquement. Les spécificités religieuses sont du domaine du statut privé de chaque individu : l'Etat, lui, ne reconnaît que des citoyens égaux en droits, et non des communautés organisées, inévitablement revendicatrices de privilèges ou d'influences particulières.

Le droit à la différence ne doit pas mener à la différence des droits.

L'Etat veille à ce que les services publics soient les mêmes pour tous, hors de toute influence confessionnelle. L'éventuelle appartenance religieuse des usagers des services publics n'a pas à être prise en compte, afin d'éviter des heurts ou des ségrégations. L'enseignement public, en particulier, doit être préservé de toute pénétration confessionnelle, fut-elle déguisée sous des dehors "culturels". La loi civile est seule habilitée à organiser les multiples domaines de la vie civique et sociale. Le pouvoir politique peut occasionnellement consulter les divers responsables religieux : il ne saurait négocier avec eux. Il ne saurait davantage leur confier (ou les associer à) des missions à caractère civique, qui sont du ressort exclusif de ses seuls représentants officiels (élus ou fonctionnaires responsables). Ceux-ci, dans l'exercice de leurs fonctions doivent respecter une absolue neutralité vis-à-vis des pratiques confessionnelles et observer une rigoureuse obligation de réserve.

La loi ne saurait reconnaître de délit de " blasphème ", qui déboucherait inévitablement sur une institutionnalisation de la censure.

Les dérives de la laïcité :

Un Etat qui s'organise sur des bases multiconfessionnelles (à la libanaise) n'est pas laïque. Un Etat qui salarie ou favorise des clercs n'est pas laïque ; le tolérer dans le cadre d'une spécificité régionale est une entorse à la laïcité. Toute renégociation de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat dans le sens d'une insertion officialisée des influences religieuses dans la vie civique est une entreprise de délaïcisation de la République. Les tentatives de dénaturation du fait laïque en France ne doivent tromper personne car leurs conséquences seraient dommageables à l'harmonie sociale.

CAEDEL
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