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Sommaire numéro 4, juin, juillet, août 1997. Laïcité

Discussion avec le SGEN-CFDT UPMF

Sur la question des CES.

La lettre du SGEN-CFDT du 6 mai 97 au Président de l'UPMF et aux membres du CA, sur les CES, constitue une mise au point claire, courageuse. C'est un point d'appui incontestable pour les personnels CES, et contractuels par ricochet. Cette lettre va poser un vrai problème au CA et au Président de l'UPMF.

Des problèmes de fond se posent néanmoins si on replace cette lettre dans le contexte où elle est intervenue. Il est souhaitable qu'une discussion amicale, mais sans concession, s'engage sur des problèmes importants avec nos collègues du SGEN.

Le comité des Universités contre la précarité, dans son AG du 13 mars, décide d'une pétition à laquelle des syndicats ont été partie prenante dont le SGEN. Cette pétition demande des postes statutaires ATOS en nombre pour résorber la précarité, et le réemploi des personnels contractuels de tous ordres en attendant (ce qui signifie à terme un plan d'intégration). Le SGEN prend sa part militante pour faire signer cette pétition. La pétition ne laisse pas supposer qu'il ne saurait pas y avoir réemploi pour tous. Réfléchissant sur ce réemploi, les collègues du Comité ont naturellement conclu, peu à peu, qu'il fallait en finir avec le recrutement des CES. Pourquoi ?

D'une part l'objet de la pétition est la résorption de la précarité. Si celle-ci est continuellement alimentée par une nouvelle précarité, du fait du flux permanent des CES, notre pétition n'a plus de sens. D'autre part notre première réflexion a porté sur l'utilisation gouvernementale des CES dans la démolition de la Sécurité Sociale. L'absence de cotisation patronale dans le contrat CES (non compensée par l'Etat) est déjà un argument fondamental et majeur pour récuser les CES. C'est la voie à l'embauche généralisée sans sécurité sociale (voir la GB).

Pour toutes ces raisons l'AG du 10 avril (60 présents) a voté la demande que les Universités cessent de recruter des CES, en assurant le réemploi des CES actuels. Le SGEN a voté contre et a été mis en minorité (3 voix). Vient ensuite la lettre du SGEN du 6 mai qui offre des éléments de clarification. S'y trouve posée la question du réemploi. Le SGEN évalue à 40 postes les besoins permanents de l'Université 2 qui se cachent derrière les 96 CES à mi-temps actuels. Il y aurait donc, selon lui, un volant de 15 à 16 CES utiles à l'Université mais ne répondant pas à des besoins permanents. Rappelons par ailleurs que le SGEN demande 120 postes pour couvrir les besoins de résorption de la précarité (contractuels administratifs de tous ordres + CES). Il y a là de toutes façons un accord important possible puisque le Comité en demande 140 et FO 130 et que la CGT soutient.

Mais il s'avère que le SGEN n'est pas pour le réemploi de tout le personnel. Or il est partie prenante de la pétition sur le réemploi de tous. Il apparait donc qu'un syndicat, ayant signé la pétition, et s'adressant à la direction des Universités, ne demande pas exactement ce qui figure dans la pétition. Le SGEN a certes l'honnêteté de rendre publique sa lettre. Il n'empêche ! C'est une conception aristocratique et non démocratique du syndicalisme. En effet, qu'au cours d'une négociation il faille reculer, c'est un autre problème. Encore faudrait-il s'adresser aux collègues et leur demander s'il faut reculer. Mais a priori, en prendre à son aise avec une pétition que l'on signe, en dehors de toute négociation, pose un problème majeur. En fait, le SGEN ne recule pas, il n'est tout simplement pas d'accord avec le réemploi de tous et tient à ce volant de 15 CES, dits utiles à l'Université car ne correspondant pas à des besoins permanents…

3 arguments peuvent être extraits de la lettre du 6 mai :

- La nécessité de couvrir le surcroît de travail.

- Les activités nouvelles.

Ces deux arguments seraient exprimés du point de vue de la direction de l'Université.

- Le besoin de réinsertion, cette fois exprimé du point de vue de la personne employée.

Ces trois points se compléteraient nécessairement selon le SGEN.

1) Concernant le surcroît de travail, qui pose à certaines périodes un très réel un problème, il n'y a aucune raison d'embaucher quelqu'un sans cotisations patronales. On ne voit pas en quoi la forme du CES serait utile.

2) Pourquoi des activités nouvelles, qui correspondent généralement très vite à des besoins permanents (le CLV par exemple) devraient être couvertes par des CES ?

3) Concernant le besoin de réinsertion, on ne voit absolument pas en quoi celui-ci pourrait coïncider nécessairement avec le surcroît de travail ou les activités nouvelles. De plus, le recrutement actuel des CES se fait, dans la majorité des cas, au plus haut niveau de qualification. Pour un contrat CES, un chef de service convoque plus de 10 candidats et fait un tri de qualification d'abord. Cela s'appelle l'exploitation de la main d'œuvre, comme le dit "notre" Issindou quand il est Maire de Gières et non pas secrétaire général de l'U2. L'Université ne fait pas de réinsertion, ce n'est pas son rôle spécifique. Si cela était, il faudrait un suivi particulier, et un encadrement que l'Université n'a pas. C'est bien la raison pour laquelle le tutorat ne marche pas dans le cas des CES.

En conclusion, le SGEN nous livre des arguments en trompe l'œil. Pourquoi alors cette position ?

Dans la lettre du 6 mai, le SGEN fait état de "l'abus de CES". Peut-on ne pas abuser des CES ? Les CES n'ont-ils pas été créés, dans une optique libérale, avec un pseudo bavardage de réinsertion, pour qu'on en abuse ? Nous ne sommes plus dans les années 60 où la réglementation sociale avait encore un sens. Avant les CES, il y a eu les TUC, les SIVP… etc, et on en a abusé. Les CES sont partie intégrante des politiques libérales meurtrières et non pas du réformisme. Le SGEN croirait-il en la fable selon laquelle les politiques économiques, qui créent toujours plus de précarité, voudraient réinsérer en même temps ? En définitive le SGEN croit-il que dans le cadre des politiques libérales, il y ait, ici ou là, des espaces de réformisme (au sens de l'après-guerre : acquis sociaux qui répondent transitoirement aux besoins matériels et moraux des individus) venant de l'appareil gouvernemental ? C'est sur l'analyse de la période qu'il y a divergence.

Ceci étant, avec nos désaccords, nous avons peut-être encore à faire des choses ensemble avec le SGEN sur les postes.

A M Chartier