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Sommaire du N° 2 mars/avril 1997 "Inégalité, précarité, misère"

Pour que l'égalité des droits inscrite dans la loi
soit une égalité pratiquée dans la vie

Pendant plus d'un an, un collectif national comprenant 166 associations, syndicats, partis politiques et collectifs locaux a recueilli les témoignages de plusieurs milliers de femmes et préparé en commissions des Assises Nationales pour les Droits des Femmes. La lutte pour les droits des femmes est inscrite dans le mouvement social.
Les Assises ont permis de mesurer l'écart qui se creuse entre les conditions de vie des femmes et leurs aspirations, de constater une régression dans l'application de droits qui semblaient acquis ainsi que la persistance d'inégalités séculaires.
Les femmes sont les premières concernées par le travail à temps partiel imposé, le chômage et la précarité qui minent les bases économiques de leur indépendance.
Leur droit récent à disposer de leur corps et à décider de leur maternité sont remis en cause, tant par les réductions de dépenses de santé que par des propagandes obscurantistes et une politique nationaliste et familialiste.
Bien qu'elles aient dénoncé et rendu plus visibles les violences dont elles sont l'objet, celles-ci perdurent.
Le principe d'égalité est reconnu par la loi, mais, dans la pratique de la vie privée, sociale et politique, il en va tout autrement. Leur exclusion de la sphère publique et politique demeure une injustice criante.
La France n'applique pas les engagements qu'elle a contracté lors de la Conférence Mondiale sur les femmes à Pékin.
Au nord comme au sud, les femmes refusent la mainmise sur leurs conditions de vie et développent des actions de résistance et de solidarité.
Par son refus des retours en arrière, par sa détermination à faire de l'égalité une réalité, la lutte pour les droits des femmes est un acteur essentiel de la démocratie. Or, celle-ci est non seulement en recul, mais menacée dans son existence même. Le chômage augmente, la précarité s'accroît et le Front National. avance dans les urnes et dans les têtes.
C'est pourquoi les organisations signataires, parties prenantes de ces Assises, demandent l'application des lois existantes en faveur de l'égalité et du respect des droits des femmes et mettront tout en œuvre pour obtenir dans l'immédiat satisfaction sur les points qui suivent

Droit au travail
la reconnaissance du droit au travail des femmes constitue le point central de nos revendications, ce qui nécessite de s'opposer aux plans de licenciement. Pour le droit des femmes à un emploi à temps plein, qualifié et valorisant qui garantissent leur autonomie financière : réduction massive et immédiate du temps de travail à 32 heures pour toutes et tous (sans réduction de salaire, sans intensification du travail et sans contrepartie en terme de " flexibilité ", avec embauches compensatoires). Ceci implique la suppression de mesures qui concernent particulièrement les femmes :
- travail à temps partiel contraint,
- lois sur le temps partiel consentant des avantages aux entreprises pour inciter au temps partiel,
-loi quinquennale, loi de Robien qui aggravent la flexibilité.
Mais aussi :
- transformation des emplois précaires en CDI à plein temps,
- respect du Droit du travail,
- mise en œuvre effective de la loi sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, avec obligation de résultats, en matière d'accès aux postes, de formation continue et de promotion, et d'amélioration de cette loi notamment pour empêcher les discriminations sexistes salariales à l'embauche,
- progression des salaires féminins avec notamment élévation du SMIC et des bas salaires,
- pour le droit des filles à accéder à toutes les filières e formation débouchant sur un emploi qualifié,
- partage égalitaire des tâches domestiques et familiales, exigence qui sera portée par une campagne spécifique,
- création d'un service public national d'accueil pour la petite enfance, développement des écoles maternelles dès deux ans, ouverts à toutes, chômeuses, précaires et étudiantes comprises, ainsi que de nouveaux équipements collectifs.
Une réelle égalité des femmes face à l'emploi leur permettra de ne pas quitter le marché du travail pour des incitations financières telles que l'Allocation Parentale d'Education. En effet, la précarité ne leur laisse guère le choix.

Droit à la dignité
Pour lutter contre la déchirure sociale et la précarité :
- structure d'accueil de qualité pour les enfants handicapés,
- maintien et revalorisation de l'Allocation de Parent Isolé dont l'octroi doit rester indépendant du RMI .
- maintien et revalorisation des Allocations familiales du premier au dernier enfant, de l'allocation logement et de rentrée scolaire,
- égalité des prestations familiales entre la métropole et les DOM-TOM,
- revenu minimum garanti de 18 ans jusqu'au premier emploi,
- création et recours à la faillite civile avec apurement de toutes les dettes, y compris fiscales,
- priorité au relogement des femmes ayant charge d'enfants ou victimes .de violences,
- interdiction du fichier des personnes ayant au moins trois mois de loyer de retard,
- baisse de la TVA sur les produits et les services de première nécessité avec interdiction de coupure d'accès aux réseaux publics (eau, gaz, électricité, téléphone,...),
- augmentation du nombre des structures publiques de proximité et d'accès à l'aide médicale gratuite facilitée,
- suppression du forfait hospitalier,
- accès de tous les chômeurs, précaires aux prestations sociales.
Pour obtenir le texte intégral de la plate-forme, contactez Brigitte, SUD-PTT, 3 bis rue Clément, Grenoble, 04 76 70 06 80

Extrait de la plate-forme
des Assises Nationales
pour le Droit des Femmes