A partir de mots, nous sommes en pleine falsification
du sens, en plein retournement des valeurs.
Cela commence par le consensus qui masque par un voile les parties honteuses
du corps social. Parties honteuses procrées par la compétitivité
- la flexibilité-servilité - la concurrence.
- Nous sommes entrés depuis 1976 dans la 3° guerre économique
mondiale (1) que l'on cache sous le terme de mondialisation.
- "C'est la guerre! 20 millions au chômage en Europe, 60 millions
avec celles et ceux qui travaillent peu ou n'ont plus rien. C'est la concurrence
de tous contre tous. L'économie triomphante ne sert pas les hommes..
Elle se sert d'eux , puis les jette. Elle abuse de la terre, la salit, la
dépouille. C'est le triomphe de la jette société"
(2).
-D'autres voies existent pourtant, inspirées de simple bon sens.
- Tout se passe comme si
Etre riche émane d'un ordre naturel établi par la compétence,
par l'éthique étant censé justifier la notion d'inégalité
dynamique au service de l'économie. Les riches se font pontifier de
"forces vives" "car supposées détentrices et
productrices d'emplois, mais qui, même subventionnées, exonérées,
dorlotées dans ce but, non seulement n'en créent aucun ou presque,
mais même bénéficiaires (en partie grâce aux avantages
mentionnés), licencient à tour de bras" (3).
Même Georges Soros, l'un des 50 "maîtres" du monde,
spéculateur qui a fait sombrer en 1992 la livre sterling, déclare
:
"J'ai fait fortune sur les marchés internationaux et pourtant
je crois à présent que l'intensification effrénée
du capitalisme libéral et l'extension des valeurs marchandes à
tous les domaines de la vie risquent de mettre en péril l'avenir de
notre société ouverte et démocratique.
J'affirme qu'une société ouverte peut être menacée
d'un excès d'individualisme, par un excès de compétition
et manque de coopération. L'argument en faveur du laisser-faire et
contre la distribution des revenus repose sur la doctrine de la Survie, du
plus apte". fin de citation.
- 358 Milliardaires de la planète ont une fortune en dollars qui est
plus importante que les revenus cumulés de 2 milliards, 300 millions
d'individus, soit 45% des habitants de la planète !!! (4)
Tout se passe comme si
"La misère profite souvent au profit. partout propagé,
actif, mais jamais cité, si ce n'est sous la forme de ces pudiques
"créations de richesses" censées bénéficier
aussitôt à toute l'espèce humaine et receler des trésors
d'emploi. II n'y a plus d'acteurs ou de profiteurs d'un système qui
permet, encourage, sécrète l'exclusion, mais seulement des spectateurs,
des témoins. Exploitation, sujétion, subordination, inégalités,
injustices sociales, mais de quoi parlez-vous donc?" (5) "Qu'allez-vous
chercher? Ne suffit-il pas de lire l'exclusion dans le regard d'un sans-abri
? A vos poches, les inclus ! "(6)
- "La compassion ne mène pas à l'action; elle en obstrue
même le chemin. Car l'action ne demande pas des larmes, mais de la résolution
; elle ne demande pas qu'on souffre de constater une injustice, mais qu'on
soit décidé à la supprimer".(7)
Mairie de Grenoble: dans un tel état de misère, certains, après
avoir cherché du travail partout, se retrouvent à la mairie.
Où le ton monte, paraît-il une personne aurait crachée
à la figure du premier magistrat de la commune. "Oh, cela ne se
fait pas..." Puis la peur s'empare, les remuants se trouvent écartés
(exclus ! ?) de la mairie. Après avoir fait ou laisser-faire la chasse
aux gueux, on va pouvoir tenir sa permanence "d'élu" tranquille,
loin de la misère. Ne dit-on pas que ces remuants chercheurs de travail
devraient être "placés" dans un hôpital psychiatrique!?
Ce qui est étrange, c'est que dans la municipalité précédente
c'est exactement ce que l'on disait des remuants qui portaient plainte au
tribunal administratif au sujet des "affaires" Carignon.
Le pouvoir (! ?) fuit la misère, a peur et est incapable de savoir,
de comprendre ce que c'est que de chercher un travail, un logement. La galère,
le pouvoir en parle dans les colloques. Incapable d'écouter celui,
celle qui n'a rien. Eux sont à l'abri par un salaire régulier,
retraite assurée.
"Pour le seul 17° siècle, on dénombre 50 délibérations
municipales à Marseille destinées à cloîtrer ces
miséreux."(8)
"d'où vient cette permanence de l'exclusion ? C'est affaire de
réflexe mental, et cela ne change pas beaucoup. II est plus facile
d'exclure que de secourir, de cacher que de prendre en compte. On se rassure
volontiers en masquant le problème de l'exclusion. Aujourd'hui comme
hier, c'est la même peur de l'autre."(9)
- Suite à l'embauche par un jugement des prud'hommes d'une employée
de France Télécom, un jeune employé provisoire (CES)
constitue un dossier pour attaquer la Mairie de Grenoble. Et le dit partout.
Puis, il doit partir huit jours. A son retour, son dossier a disparu ! ? Son
chef de service l'appelle: Au fait, jeune homme, vous êtes embauché"
; ainsi la peur d'une mairie de gauche et écologiste soit condamnée
est apparemment efficace.
- L'héritage Carignon: 700 emplois supprimés, "remplacés"
par des CES, des stagiaires, des contrats. Bref de l'emploi provisoire à
tout va. Pendant ce temps, des revenus importants, des logements gratuits
dits de "de fonction" sont fournis à des cadres. Inégalités
dites-vous ?
Tout se passe comme si
Les inégalités doivent perdurer, voire s'accentuer, comme si
l'on ne peut pas faire autrement. "Ainsi il existe des mots qui, à
un certain moment, font la loi. C'est le cas aujourd'hui, la compétitivité
c'est devenu un évangile qui se réduit à quelques idées
simples: nous sommes engagés dans une guerre technologique, industrielle
et économique sans merci à l'échelle mondiale. L'objectif
est de survivre, "à ne pas se faire tuer", la survie passe
par la compétitivité ; hors d'elle, point de salut à
court et à long terme. Le rôle principal de l'Etat, de l'école,
des syndicats, des villes, etc. ..., est de créer un environnement
le plus propice aux entreprises afin qu'elles soient (ou deviennent ou restent)
compétitives dans cette guerre planétaire. La compétitivité
est comme la grâce : on l'a ou on ne l'a pas. La compétitivité
n'est bonne que pour une infime portion de la population mondiale". (10)
- En France aussi, les inégalités ne cessent de croître,
cependant que la richesse a augmenté de 35% en 10 ans (11). 20% de
la population la plus riche possède 68,8% du patrimoine, 43,85% des
revenus soit 7 fois plus que les pauvres qui ne disposent que de 6,01% des
revenus".(12)
Tout ce passe comme si
La précarité était un mot, et n'était pas des
vies.
" Pour la première fois, la masse humaine n'est plus matériellement
nécessaire au petit nombre qui détient les pouvoirs.
- quand prendrons-nous conscience qu'il n'y a pas de crise, ni des crises,
mais une mutation ! non celle d'une société, mais celle, très
brutale, d'une civilisation ?"(13)
8 millions de personnes en galère entre chômeurs, SDF, CES, CIE.
En Isère, 140000 personnes "vivent" avec moins de 60 F par
jour. Sourds et aveugles, les gestionnaristes compétents ont l' inconséquence
de dire qu'il n'y a pas d'argent. Ils sont très compétents dans
l'ignorance. Ils refusent obstinément de comprendre, d'analyser, d'agir
face à cette mutation (qu'ils appellent crise). On jette des humains,
comme l'on jette des ordures.
- Une série de cercles concentriques définissent comment s'opère
cette mutation
"quand la République se résigne à être scandaleuse,
- quand la démocratie ne se veut plus vertueuse
- quand la marchandise dicte la loi" (14)
Dans le cas du nucléaire, les précaires (intérimaires),
l'on s'en sert... jusqu'à ce que la dose de radioactivité soit
trop important : après, ils n'ont plus de boulot. Si, certains vont
travailler à enlever l'amiante ...(15)
Ainsi donc au plus le travailleur est placé comme un oiseau sur la
branche, il accepte des travaux dangereux pour sa santé
Repenser les activités humaines à l'échelle
de la vie
Il n'y a pas de crise de la production : entre 1975 et 1995, le PIB de la
France a augmenté de plus de 70 % alors que le nombre de chômeurs
était multiplié par 5 et le nombre d'exclus par 10 ! ! !
En revanche, il existe bien une crise de la répartition des richesses
et des biens pouvant être créés avec de moins en moins
de labeur humain. (16)
Pour les Verts-isere Léo Richaud