Le Monde est en guerre.
Paul-Louis MERLIN, PDG de Merlin-Gerin, 10 Mars 1976 : La France est pauvre en matières premières. Il faut s'implanter dans les pays qui en possèdent ; nous sommes entrés dans la 3ème guerre économique mondiale.
- Greenpeace : c'est la guerre ! 20 millions de victimes du chômage en Europe. Qui, aujourd'hui, ne travaille pas sous la pression du chômage ou la menace du licenciement ? L'économie triomphante ne sert pas les hommes. Elle se sert d'eux, puis les jette. C'est le triomphe de la jette société :
- La mondialisation de la finance et la délirante déréglementation de l'économie font que la réalité du pouvoir échappe largement aux états. En clair, il n'y a plus de pilote identifiable de l'économie ; celle-ci semble gouvernée par la seule idée du profit de quelques-uns aux dépens du bien-être de tous les autres. Cette économie qui tourne, vide de sens, dans la fiction des cours de la bourse ne peut que brusquement s'écraser.
On fait la guerre pour du pétrole, hier en Irak, aujourd'hui au Soudan, en Equateur. C'est la logique de guerre qui prime dans les relations entre les entreprises, les opérateurs économiques, les villes, les états. La vision de l'économie mondiale que cette logique véhicule est en effet très réductrice : les entreprises ne sont que des armées s'affrontant pour la conquête des marchés ; leurs dirigeants sont décrits comme des généraux, des stratèges. Tous les moyens sont bons dans ce combat.
- La prospérité d'un milliard d'humains a commencé à porter atteinte aux équilibres fondamentaux de la terre. Un autre milliard paraît engagé dans une course acharnée pour les rejoindre. Le milliard le plus pauvre s'enfonce dans des spirales de déracinement, d'appauvrissement, de déchirement, de migration.
Partout domine l'argent.
Pour la population mondiale saisie dans son ensemble, les 20% les plus pauvres disposent de 0,5% du revenu mondial, et les plus riches de 80%. Cet écart a doublé en 30 ans.
Ce n'est donc pas une crise, mais une mutation, un basculement du Monde.
Aujourd'hui, 1 salarié sur 2 de l'industrie en France travaille pour l'étranger. La France importe de 60 à 100% de matières premières. Les pays d'où viennent ces matières, Afrique, Asie, Amérique du Sud, veulent fabriquer aussi sur place. Aussi faut-il aller vers une coopération, plutôt que d'accepter la compétition actuelle qui détruit emplois et ressources
Neyrpic et Schneider Electrique veulent se séparer d'une partie de leur production ; Hewlett Packard augmente sa productivité de 50% sans investissement matériel. Les 30 ans de mal-développement que certains appellent les 30 glorieuses ont abouti à un phénomène d'exclusion, aux plans local, national et mondial.
Pendant ce temps, les mieux que rien .
Sourds et aveugles, beaucoup de gens compétents, avec compassion, justifient l'apparition des esclaves du XXIième siècle que sont les CES, les CRE, les CIE. 500 aux hôpitaux de Grenoble, 150 à la Mairie. 8 millions de personnes sont dans un état de précarité en France. En Isère, 130.000 personnes, soit 80% de la population d'une ville comme Grenoble, vivent avec moins de 60F par jour. C'est la jette société. Comme on jette les ordures, on jette les humains. Cette situation découle de trois causes :
On produit de plus en plus, de plus en plus vite, avec de moins en moins de personnes.
Elle peut s'illustrer par l'image de trois cercles concentriques : le premier, celui des salariés où le code du travail est respecté avec statut privé ou public ; le deuxième cercle, celui des salariés travaillant en régie, prestataires de services, sous-traitance, etc. ; le troisième, occupé par ceux qui n'ont rien ou presque, SDF, chômeurs, CES, CRE, CIE C'est mieux que rien , disent les gestionnaires compétents.
Réduction massive du temps de travail, 32 heures.
Au XIXième siècle on passait 30% de son temps de vie à travailler, aujourd'hui 11%. Pourquoi ne pas suivre cette pente, le fil historique inauguré par le 1er Mai 1884 ? Pourquoi remplacer la lutte des classes par la lutte des places ? Pourquoi basculer le mot d'ordre : Salariés de tous pays, unissons-nous par celui de Salariés de tous pays, concurrençons-nous ?
Nous sommes au début d'une grande aventure. Nous n'en sommes plus à la lutte finale, nous en sommes à la lutte initiale. Voilà pourquoi nous descendons dans la rue : pour ne pas être obligés d'y vivre.
Pourquoi ne pas mettre en place une économie réconciliée par des accords de coopération, dans une logique de partage des ressources, du travail, des richesses, stoppant ainsi la logique de la compétition ?
Il est temps, pour une économie mondiale, d'élaborer une législation mondiale, afin de stopper la spéculation financière et de réaliser de meilleures conditions de vie, de travail, de santé, de logement pour les citoyens de chaque pays.
AC ! Travaillons tous, travaillons moins, vivons mieux