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Sommaire du numéro 14 "Identité culturelle"

Réveil citoyen contre l'extrème droite

Comme à Montpellier un mois plus tôt, c’est dix mille personnes qui ont manifesté, samedi 13 juin 1998, dans les rues d’Amiens, pour dénoncer les accords honteux entre la droite et l’extrême droite.

De nombreux élus de la région, ou venant de régions limitrophes, comme Arnaud Caron et Marie-Christine Blandin pour les Verts, avaient fait le déplacement pour rappeler leur attachement aux principes républicains et leur hostilité à un parti qui prône la discrimination sociale et raciale.

En Picardie, les crédits prévus pour la coopération avec le Bénin et la Côte d’Ivoire, les emplois-jeunes, les bourses de logement pour étudiants, etc ont déjà fait les frais de la collaboration droite-FN. En Rhônes-Alpes, toutes les commissions sont vices-présidées par le Front national. Dans ces régions, avec la bénédiction d’une partie de la droite, l’extrême-droite possède un nouveau champ d’expérimentation pour ses idéaux de discrimination raciale et sociale.

On assiste fort heureusement à un réveil des citoyens face à cette situation. En de nombreux endroits, associations citoyennes et comités de vigilance contre l’extrême droite se renforcent ou se constituent. Les initiatives locales sont nombreuses et variées et ne sont pas seulement le fait de militants politiques aguerris ; c’est plus largement des citoyens responsables et déterminés qui manifestent un peu partout leur opposition au parti de la haine : refus de siéger dans les conseils d’administration où siège un élu du FN, campagne de télécopies visant à saturer les lignes téléphoniques des Conseils régionaux, manifestations ponctuelles lors de cérémonies ou dans les Conseils municipaux où siège un élu de droite allié au FN à la région...

L’action locale sera d’ailleurs au centre des Assises nationales des Comités de vigilance, qui se tiendront à l’automne. Il sera également question de la gestion locale des villes FN, dont un bilan a été dressé dans le Livre noir, qui fait état des rencontres avec les associations et collectifs des villes du sud contrôlées par l’extrême droite.

Christophe Porquier