Le 8 juillet 1996, la Cour internationale de Justice
rendait, à la demande de lAssemblée Générale
de lONU, un avis consultatif stipulant que " la menace ou lemploi
darmes nucléaires serait généralement contraire
aux règles du droit international ". La Cour, en se référant
tant sur le droit usuel international public que sur certains traités
internationaux, déclarait illégales toutes les armes nucléaires,
du fait quelles violent le droit à la sûreté des
personnes, que leur utilisation signifierait un génocide pour lhumanité,
quelles constituent une menace pour les générations futures.
Ensuite, elles détruisent lenvironnement et rendent impossible
toute habitation. De même, ces armes ne permettent pas de distinguer
entre des combattants et des civils, tout comme leur utilisation est susceptible
de violer le territoire des Etats neutre. Enfin, leur utilisation est largement
disproportionnée entre autres parce quelles sont susceptibles
dengendrer une escalade conduisant à une guerre nucléaire
généralisée. Cet avis adopte enfin une position claire
sur la bonne interprétation des règles de droit international
public en vigueur depuis plusieurs décennies. Il ajoute donc une caution
juridique importante aux arguments antinucléaires.
Or, il se trouve que plusieurs Etats ne respectent manifestement
pas ces règles internationales. Cest pourquoi, dans de nombreux
pays, se sont constitués des groupes de citoyens responsables pour
les faire appliquer. Des actions ont été menées contre
lentreposage ou la fabrication darmes nucléaires par des
blocages, des sit-in, des manifestations et, mieux encore, par des inspections
civiles de sites militaires. Parmi elles on peut citer le Quartier général
de lOTAN à Bruxelles, les bases des Sous-marins nucléaires
Lanceurs dEngins (SNLE) de Brest et de Faslane (Ecosse), les bases davions
de combat porteurs de bombes nucléaires de Büchel (Allemagne) et de
Volkel (Pays bas) et le laboratoire " militaro-nucléaire "
de Cherbourg. A Büchel, des militaires allemands sentraïnent à
utiliser des armes nucléaires américaines avec leurs avions.
Cest pourquoi, après plusieurs demandes refusées linspection
civiles, une vingtaine de personnes a pénétré de façon
non-violente dans cette base. Ils viennent dêtre condamnés
pour " violation de domicile " (!), le juge ne statuant pas sur
lobjet de laction elle-même. Dans lattente dun
nouveau jugement, après avoir fait appel, la dénonciation la plus
large possible du caractère illégal des armes nucléaire
simpose. Déjà, les personnes passant en procès demandent
un jugement de la Cour constitutionnelle fédérale dAllemagne
sur ce problème.
Dans ce même registre, les militants regroupés
au sein de " Ploughshares 2000 " sont allés plus loin. Ils
ont adressé au gouvernement britannique un plan détaillé
pour le désarmement des armes nucléaires " Trident ".
Ce plan est constitué de neuf étapes qui commencent avec lenlèvement
de létat dalerte et aboutissent à la destruction
totale des armes nucléaires. Fixant au gouvernement un ultimatum de
quelques mois pour commencer au moins la première étape, ils ont
annoncé quils passeraient à laction directe non-violente
en cas de refus. Ils ont déjà prouvé par trois fois quils
étaient capables de sapprocher des armes sans être surpris.
Une autre association, " For mother earth ", a organisé un
camp de la paix près du quartier général de lOTAN
(Bruxelles) à partir du 2 juillet 1998, incluant des actions contre
lOTAN. Le camp a été suivi dune " marche pour
le désarmement nucléaire " jusquà la base
des sous-marins nucléaires lanceurs dengins (SNLE) " Trident
" à Faslane. Le 9 août, jour tristement anniversaire du
bombardement de Nagasaki, les actions de " Ploughshare 2000 " ont
commencé.
Pour en savoir plus :
For Mother Earth International, Lange Steenstraat 16-d, 9000 Gent, Belgique
e-mail : international@motherearth.org
; http://www.motherearth.org
Armin Simon