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Sommaire du numéro 14 "Identité culturelle"

Action non-violente contre les armes nucléaires

Le 8 juillet 1996, la Cour internationale de Justice rendait, à la demande de l’Assemblée Générale de l’ONU, un avis consultatif stipulant que " la menace ou l’emploi d’armes nucléaires serait généralement contraire aux règles du droit international ". La Cour, en se référant tant sur le droit usuel international public que sur certains traités internationaux, déclarait illégales toutes les armes nucléaires, du fait qu’elles violent le droit à la sûreté des personnes, que leur utilisation signifierait un génocide pour l’humanité, qu’elles constituent une menace pour les générations futures. Ensuite, elles détruisent l’environnement et rendent impossible toute habitation. De même, ces armes ne permettent pas de distinguer entre des combattants et des civils, tout comme leur utilisation est susceptible de violer le territoire des Etats neutre. Enfin, leur utilisation est largement disproportionnée entre autres parce qu’elles sont susceptibles d’engendrer une escalade conduisant à une guerre nucléaire généralisée. Cet avis adopte enfin une position claire sur la bonne interprétation des règles de droit international public en vigueur depuis plusieurs décennies. Il ajoute donc une caution juridique importante aux arguments antinucléaires.

Or, il se trouve que plusieurs Etats ne respectent manifestement pas ces règles internationales. C’est pourquoi, dans de nombreux pays, se sont constitués des groupes de citoyens responsables pour les faire appliquer. Des actions ont été menées contre l’entreposage ou la fabrication d’armes nucléaires par des blocages, des sit-in, des manifestations et, mieux encore, par des inspections civiles de sites militaires. Parmi elles on peut citer le Quartier général de l’OTAN à Bruxelles, les bases des Sous-marins nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) de Brest et de Faslane (Ecosse), les bases d’avions de combat porteurs de bombes nucléaires de Büchel (Allemagne) et de Volkel (Pays bas) et le laboratoire " militaro-nucléaire " de Cherbourg. A Büchel, des militaires allemands s’entraïnent à utiliser des armes nucléaires américaines avec leurs avions. C’est pourquoi, après plusieurs demandes refusées l’inspection civiles, une vingtaine de personnes a pénétré de façon non-violente dans cette base. Ils viennent d’être condamnés pour " violation de domicile " (!), le juge ne statuant pas sur l’objet de l’action elle-même. Dans l’attente d’un nouveau jugement, après avoir fait appel, la dénonciation la plus large possible du caractère illégal des armes nucléaire s’impose. Déjà, les personnes passant en procès demandent un jugement de la Cour constitutionnelle fédérale d’Allemagne sur ce problème.

Dans ce même registre, les militants regroupés au sein de " Ploughshares 2000 " sont allés plus loin. Ils ont adressé au gouvernement britannique un plan détaillé pour le désarmement des armes nucléaires " Trident ". Ce plan est constitué de neuf étapes qui commencent avec l’enlèvement de l’état d’alerte et aboutissent à la destruction totale des armes nucléaires. Fixant au gouvernement un ultimatum de quelques mois pour commencer au moins la première étape, ils ont annoncé qu’ils passeraient à l’action directe non-violente en cas de refus. Ils ont déjà prouvé par trois fois qu’ils étaient capables de s’approcher des armes sans être surpris. Une autre association, " For mother earth ", a organisé un camp de la paix près du quartier général de l’OTAN (Bruxelles) à partir du 2 juillet 1998, incluant des actions contre l’OTAN. Le camp a été suivi d’une " marche pour le désarmement nucléaire " jusqu’à la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) " Trident " à Faslane. Le 9 août, jour tristement anniversaire du bombardement de Nagasaki, les actions de " Ploughshare 2000 " ont commencé.

Pour en savoir plus :
For Mother Earth International, Lange Steenstraat 16-d, 9000 Gent, Belgique e-mail : international@motherearth.org ; http://www.motherearth.org

Armin Simon