La situation sociale française reste marquée par un important taux de chômage. Les différentes politiques de " traitement social ", exonérant les entreprises de diverses charges sociales et multipliant les statuts précaires, n'ont conduit qu'au maintien du nombre de chômeurs et ont généré des situations d'exclusion. Pour nous, l'obtention d'un emploi est un droit et le plein emploi un objectif. L'emploi reste, dans notre société, l'élément fondamental de la reconnaissance sociale.
Nous sommes favorables au partage du travail, dès lors que cela implique :
1-la réduction généralisée du temps de travail : 32 heures, avec la perspective des 30 heures. Ce faisant, il s'agit de dégager par une loi cadre un temps collectif suffisant pour générer la création immédiate de plusieurs centaines de milliers d'emplois. Des incitations financières et fiscales pourraient être accordées aux entreprises ou branches adoptant des accords de réduction du temps de travail en dessous des 35 heures. L'autorisation administrative de licenciement doit être rétablie. Cette réduction nécessite une action politique vigoureuse à l'échelle européenne dans le but d'harmoniser les temps de travail à l'échelle du continent.
2-une politique de compensation salariale maintenant le pouvoir d'achat .
3-la création d'emplois d'utilité sociale et écologique dans le secteur associatif, les collectivités locales ou certains services publics de proximité prioritaires (éducation, santé, logement, environnement, ). Le secteur multiforme de l'économie sociale doit être soutenu par ses missions de service public (insertion des chômeurs, offre de services non marchands, ). Nous considérons que la mise en place d'expériences économiques alternatives, même limitées, portent en germe la société alternative de demain. Le financement de la réduction du temps de travail est possible grâce au gain de productivité (on produit mieux quand on travaille moins) , à une modification significative de la répartition des richesses, à l'utilisation de la masse des allocations chômage, à l'aménagement du temps de travail et à l'augmentation de la durée d'utilisation des équipements. Ces deux derniers cas doivent servir à des réductions en dessous des 35 heures, avec des garanties de qualité de vie pour les salariés.
4-La diminution des heures supplémentaires, du recours aux emplois précaires, au temps partiel. En particulier, nous sommes opposé à tout projet de salaire parental, qui aurait pour effet de renvoyer les femmes au foyer sous prétexte de reconnaître économiquement une activité dont la raison dépasse la logique économique.
Alternative Rouge Et Verte (AREV)