Travailler 12 heures par jour, travailler le soir, la nuit, travailler le week end, je suis pour... quand c'est moi avec d'autres qui le décidons et que nous sommes collectivement propriétaires de notre entreprise.
Quand j'ai appris que notre gouvernement vendait Thompson multimédia (1500 salariés) pour un franc symbolique au groupe Daewoo, ce n'est pas le fait qu'on brade une part de la technologie française à des "Jaunes" qui m'a révolté (Si, si, à des "Jaunes", car je suis sûr que si le marché avait été proposé à une firme allemande ou belge comme Phillips, par exemple, nous n'aurions pas entendu autant de cris épouvantés, racisme ordinaire !).
Ce qui m'a révolté c'est que pas un seul politique de gauche ou d'extrême-gauche, pas un seul ténor syndical ne propose que les salariés rachètent leur entreprise (surtout à ce prix-là, même s'il aurait sans doute fallu des financements importants pour continuer d'assurer les investissements).
C'est vrai que la gauche et l'extrême gauche (syndicats compris) n'ont jamais fait confiance aux salariés pour gérer leurs entreprises et ce depuis la nuit des temps de leurs inspirateurs (sauf un certain Karl Marx, dans ses écrits de 1844). Mais j'espère encore que par ces temps de remise en cause, ces braves gens se souviennent qu'il existe 1500 entreprises, en France, qui sont gérées et appartiennent à leurs salariés, dont la plus grosse est de taille comparable à Thompson, Acôme, entreprise coopérative qui appartient à ses 1100 salariés).
Alors le débat sur la flexibilité ne s'entend à mon sens que si l'on pose en même temps la question : qui gère, à qui appartient et à qui profite l'entreprise ?
Bien sûr, les P.M.E., qu'elles soient coopératives ou qu'elles soient la propriété d'une poignée d'actionnaires, subissent les mêmes contraintes financières qu'imposent les "déréglementations libérales" : Mais la différence de "qualité de vie" pour les salariés est de taille. A grosseur d'entreprise égale, la hiérarchie des salaires est plus comprimée dans les coopératives, ses salariés ayant des salaires en moyenne plus élevés, ses cadres, des salaires plus bas. La préférence, en cas de restructuration, va vers le maintien de l'emploi et la formation continue pendant que dans les entreprises patronales la préférence est aux CDD et aux licenciements des salariés "coûteux".
La flexibilité, dans ces entreprises coopératives n'a plus du tout le même sens, on s'en doute. Elle devient l'objet d'un choix en fonction du marché, certes, mais aussi des desiderata des personnes et des préférences stratégiques décidées collectivement.
D'autant que naissent de nouvelles formes de coopératives plus tournées vers la réinsertion de chômeurs qui créent des activités "artisanales" ou de "services" et mettent en commun toutes les tâches administratives et juridiques, se dotent dcommuns de financement, dorganisation et de gestion, comme SMTS à Grenoble.
Arn Ølsen