Le travail, un tremplin pour le droit à l'existence ?
L'actualité nous montre combien le travail est un moyen d'insertion dans la
société actuelle. Les chômeurs sont victimes d'une exclusion professionnelle
et financière, mais également sociale. Les gouvernements successifs ne ratent
jamais l'occasion de les culpabiliser et font la chasse aux " mauvais chômeurs
", laissant entendre qu'il y a des chômeurs fainéants, des profiteurs, des
parasites
Cette méthode permet aux politiques et aux employeurs de se dédouaner
de toute responsabilité, c'est indigne. La dégressivité des indemnités a été
imposée aux chômeurs, comme s'il fallait les sanctionner encore davantage.
L'UNEDIC affiche même des bénéfices (13 milliards). Il a fallu de nombreuses
actions de chômeurs pendant les négociations pour que les gestionnaires (patrons
et syndicats) daignent généreusement leur restituer une partie de ces fonds.
Une partie seulement, c'est crapuleux.
Il est nécessaire de recentrer le débat sur la notion de travail. Si le travail
doit avoir une fonction sociale, cela ne doit pas être aux dépends des chômeurs.
Le non-travail provoque actuellement de l'exclusion, c'est inacceptable pour
les 5,5 millions de chômeurs sur 26 millions d'actifs.
Pour un revenu d'existence équivalent au SMIC.
La collectivité doit assurer à chacun le droit à l'éducation, à la santé,
au logement. Au même titre le droit à l'emploi est une mission que la société
doit remplir. Si tel n'est pas le cas, ce n'est pas aux citoyens d'en faire
les frais. Un chômeur a non seulement le droit de se nourrir, se soigner,
se loger, se chauffer, mais il doit légitimement avoir accès à la culture,
aux loisirs, à la dignité. La seule méthode efficace pour ne pas créer des
citoyens de seconde catégorie consiste à leur donner un revenu d'existence.
Ce revenu ne doit pas être l'objet d'un acte de charité (RMI), mais un acte
citoyen. Chaque citoyen doit pouvoir prétendre à un revenu d'existence équivalent
au SMIC.
32 heures par semaine, tout de suite. La réduction du temps de travail est
un moyen privilégié pour résoudre le problème du chômage. Cette méthode a
l'immense avantage de poser le rôle du travail dans la société car si on veut
travailler moins c'est pour travailler tous, mais c'est aussi pour vivre mieux.
Ce dernier aspect est essentiel pour éviter les travers du productivisme et
de l'ouvriérisme. A quoi servirait-il de remplacer les hommes par des machines
si les conséquences s'avéraient désastreuses socialement et écologiquement
?
La lutte contre le chômage nécessite un partage des richesses et pas de la
pauvreté, une adaptation de la production aux besoins de la population et
pas l'inverse. Afin d'éviter les effets socialement dévastateurs de la flexibilité
et créer des emplois, la réduction du temps de travail doit être :
1. massive
2. sans dégradation des conditions de travail et d'horaire
3. sans réduction de salaire
Afin de garantir son succès, une loi doit répondre à ces trois critères. Une
loi du député de Robien a totalement occulté le second, elle est condamnée
à l'échec. L'annualisation du temps de travail également.
Tous ensemble, marchons.
L'organisation du travail pose le problème de l'organisation de la société
dans son ensemble. Que l'on soit Français ou Coréen, le problème est le même.
Le chômage n'est pas la conséquence d'une crise mais d'un système. C'est pour
cela que le syndicalisme doit sortir des entreprises, aller vers les chômeurs,
les précaires, les exclus. L'action exemplaire de la CGT EDF sur les compteurs
électriques montre que c'est possible. Tout comme la marche contre le chômage
d'AC ! qui a réuni des travailleurs et des chômeurs, la marche européenne
sur Amsterdam contre l'Europe libérale doit être une priorité. Dans tous les
pays de la communauté, des marcheurs exprimeront leur souhait de construire
une Europe solidaire et sociale. La marche des Alpes doit démarrer à Grenoble
à la mi-avril pour rejoindre les Italiens, les Suisses. Elle poursuivra en
Allemagne et en Autriche, jusqu'à Amsterdam le 14 juin. Travailleurs, chômeurs,
soyons nombreux à participer à cette marche. C'est tous ensemble que nous
lutterons et c'est tous ensemble que nous gagnerons.
SUD PTT Isère