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Sommaire du numéro 1 (février 1997)

32 heures tout de suite, sans réduire les salaires, sans aggraver les conditions de travail

Le travail, un tremplin pour le droit à l'existence ?
L'actualité nous montre combien le travail est un moyen d'insertion dans la société actuelle. Les chômeurs sont victimes d'une exclusion professionnelle et financière, mais également sociale. Les gouvernements successifs ne ratent jamais l'occasion de les culpabiliser et font la chasse aux " mauvais chômeurs ", laissant entendre qu'il y a des chômeurs fainéants, des profiteurs, des parasites… Cette méthode permet aux politiques et aux employeurs de se dédouaner de toute responsabilité, c'est indigne. La dégressivité des indemnités a été imposée aux chômeurs, comme s'il fallait les sanctionner encore davantage. L'UNEDIC affiche même des bénéfices (13 milliards). Il a fallu de nombreuses actions de chômeurs pendant les négociations pour que les gestionnaires (patrons et syndicats) daignent généreusement leur restituer une partie de ces fonds. Une partie seulement, c'est crapuleux.
Il est nécessaire de recentrer le débat sur la notion de travail. Si le travail doit avoir une fonction sociale, cela ne doit pas être aux dépends des chômeurs. Le non-travail provoque actuellement de l'exclusion, c'est inacceptable pour les 5,5 millions de chômeurs sur 26 millions d'actifs.
Pour un revenu d'existence équivalent au SMIC.
La collectivité doit assurer à chacun le droit à l'éducation, à la santé, au logement. Au même titre le droit à l'emploi est une mission que la société doit remplir. Si tel n'est pas le cas, ce n'est pas aux citoyens d'en faire les frais. Un chômeur a non seulement le droit de se nourrir, se soigner, se loger, se chauffer, mais il doit légitimement avoir accès à la culture, aux loisirs, à la dignité. La seule méthode efficace pour ne pas créer des citoyens de seconde catégorie consiste à leur donner un revenu d'existence. Ce revenu ne doit pas être l'objet d'un acte de charité (RMI), mais un acte citoyen. Chaque citoyen doit pouvoir prétendre à un revenu d'existence équivalent au SMIC.
32 heures par semaine, tout de suite. La réduction du temps de travail est un moyen privilégié pour résoudre le problème du chômage. Cette méthode a l'immense avantage de poser le rôle du travail dans la société car si on veut travailler moins c'est pour travailler tous, mais c'est aussi pour vivre mieux. Ce dernier aspect est essentiel pour éviter les travers du productivisme et de l'ouvriérisme. A quoi servirait-il de remplacer les hommes par des machines si les conséquences s'avéraient désastreuses socialement et écologiquement  ?
La lutte contre le chômage nécessite un partage des richesses et pas de la pauvreté, une adaptation de la production aux besoins de la population et pas l'inverse. Afin d'éviter les effets socialement dévastateurs de la flexibilité et créer des emplois, la réduction du temps de travail doit être :
1. massive
2. sans dégradation des conditions de travail et d'horaire
3. sans réduction de salaire
Afin de garantir son succès, une loi doit répondre à ces trois critères. Une loi du député de Robien a totalement occulté le second, elle est condamnée à l'échec. L'annualisation du temps de travail également.
Tous ensemble, marchons.
L'organisation du travail pose le problème de l'organisation de la société dans son ensemble. Que l'on soit Français ou Coréen, le problème est le même. Le chômage n'est pas la conséquence d'une crise mais d'un système. C'est pour cela que le syndicalisme doit sortir des entreprises, aller vers les chômeurs, les précaires, les exclus. L'action exemplaire de la CGT EDF sur les compteurs électriques montre que c'est possible. Tout comme la marche contre le chômage d'AC ! qui a réuni des travailleurs et des chômeurs, la marche européenne sur Amsterdam contre l'Europe libérale doit être une priorité. Dans tous les pays de la communauté, des marcheurs exprimeront leur souhait de construire une Europe solidaire et sociale. La marche des Alpes doit démarrer à Grenoble à la mi-avril pour rejoindre les Italiens, les Suisses. Elle poursuivra en Allemagne et en Autriche, jusqu'à Amsterdam le 14 juin. Travailleurs, chômeurs, soyons nombreux à participer à cette marche. C'est tous ensemble que nous lutterons et c'est tous ensemble que nous gagnerons.

SUD PTT Isère