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Sommaire du numéro "Pacte Millon-FN
chaque citoyen est concerné"

1932/1998 : Similitudes ?

1932, une partie de la droite allemande s'allie avec Hitler. Un an plus tard, la droite, la gauche, les syndicats seront laminés, écrasés en Allemagne. Hitler avait écrit dans un livre célèbre ce qu'il ferait. Œuvre d'un illuminé pensait beaucoup. Personne ne pensait que le fascisme est un danger mortel, et certains croyaient "en leur donnant des responsabilités" intégrer les fascistes dans le jeu institutionnel.
1998 n'est pas 1932. Mais le fascisme reste le fascisme, simplement il sait se moderniser pour prendre le pouvoir. Même de fins connaisseurs en la matière, comme les 'post-fascistes" italiens, ne veulent plus entretenir aucun rapport avec le FN, tellement celui-ci trimbale de façon encore trop visible l'antisémitisme, la xénophobie et le nationalisme le plus débridé. Millon et ses amis n'ont pas de ces états d'âme. Et pourtant Gollnish tient le nœud coulant et leur serre le cou jour après jour. Jusqu'où ?
Au Conseil régional, la guérilla parlementaire bat son plein. Votes de blocage, suspensions de séances, conférences de presse. Avant de se consacrer totalement à la coupe du monde de foot les médias s'entraînent en relatant ce "match", avec en prime Millon invité pour un oui ou pour un non par les télés et radios. Alors ? Comment les millions de citoyens de Rhône-Alpes sont informés des conséquences concrètes de cette cogestion de la Région par Millon et le FN ? Pas, à notre regret, par les partis opposés à Millon. Ils commencent tout juste à organiser quelques réunions publiques. Est-ce bien suffisant ? Car tout le monde le sait, c'est par des propositions sociales et politiques que le FN sera brisé !
Devant ces insuffisances, c'est la "société civile" qui se mobilise le plus fortement (pourrait-on dire "comme d'habitude") à la mesure de ses moyens et à l'aide d'éléments communiqués par des élus régionaux ou municipaux (et que nous remercions au passage). Et d'abord les premiers exposés ont réagi : les professionnels de la Culture, les enseignants, lycéens et parents d'élèves, les universitaires. Et ceux qui portent notre histoire : déportés et résistants. Bien sûr également des associations, des syndicats et des milliers d'anonymes. Tous ont décidé en Isère de créer une coordination de la riposte au fascisme. Pour tous, le danger est soit la banalisation, soit, en cas de nouvelles élections, le retour à la case départ si les citoyens ne sont pas informés de la situation concrète qu'il vont affronter au cas où la politique du FN s'applique. Nous prenons notre part, c'est le moins que l'on puisse dire, dans ce combat. Des dizaines de milliers de tracts d'information, une présence continuelle sur des marchés, dans des quartiers, l'organisation de débats et de fêtes citoyennes dans les communes. Des fascistes ne s'y sont pas trompés en attaquant notre réunion publique de Voiron le vendredi 5 juin. Loin de s'affoler, les 150 participants ont sorti les chaises, débattu jusqu'à 23H30, ont tiré un tract dans la nuit, l'ont diffusé à 4000 exemplaires à Voiron le lendemain, et fait circuler l'information dans l'agglomération de Grenoble. Près de 2 000 personnes ont défilé lundi soir, du rarement vu dans cette ville de 20 000 habitants. L'intimidation n'a pas joué, les citoyens ont riposté très vite. C'est une bonne leçon pour ceux qui rêvent de jouer aux milices fascistes d'avant guerre.

Ras l'front