Dimanche 15 mars : élection du Conseil régional.
Les résultats :les listes de droite obtiennent 60 élus (592
494 voix), les listes de gauche et verts 60 élus (600 536 voix), le
FN 35 élus (348 357 voix). La presse, la semaine précédente
a beaucoup parlé de possibles alliances entre la droite et le FN dans
plusieurs régions, mais rien sur Rhône-Alpes... On ne compte
plus les discours de Millon affirmant auparavant son "hostilité
à toute alliance et ralliement avec le Front national".
Le mercredi 18 mars, à 15H, Millon rencontre B. Gollnish, le chef du
FN de Rhône-Alpes (ce qu'il finira par avouer en prétextant un
échange de vue pour l'ordre du jour).
Avant le 20 mars, un journaliste du magazine Lyon-Mag', se faisant passer
pour un collaborateur de B. Gollnish, téléphone à des
élus des listes de Millon. Accueilli à bras ouvert il recueille
des confidences : "Je ne pense pas que vous soyez très loin de
nos choix de société:"(un élu UDF). "Dans ma
mairie, tout se passe très bien avec les élus du FN" (le
maire UDF de St.-Etienne). "J'ai des contacts permanents avec vos équipes"
(un élu RPR). "J'ai rencontré Gollnish hier" (un élu
RPR). Le maire RPR de Saint-Chamond déclare : "Le programme de
notre candidat (Millon) prendra en compte les souhaits que Bruno Gollnish
a formulés".
Le 20 mars, Millon se fait élire président du conseil régional
Rhône-Alpes avec les voix du FN
Seul trois élu(e)s de droite refuse de voter avec le FN.
Le 5 avril, le Conseil régional commence à élire l'exécutif.
L'exécutif devait compter 15 membres. Neuf amis de Millon sont élus
avec les voix du FN. Cette fois, une douzaine d'élus de droite ne participent
plus au scrutin en signe de protestation. Pour bien montrer que Millon ne
peut gouverner sans lui, le FN quitte la séance avant l'élection
du dixième membre de l'exécutif, en réclamant "l'application
concrète des accords passés avec Millon: La gauche et les écologistes
sont alors majoritaires. Millon suspend la séance dans la confusion.
Le 20 avril, 45 des 60 élus de droite et les 35 élus FN votent
le budget pour 1998
Le 30 avril au soir, France Info ne mâchait pas ses mots : "La
région Rhône-Alpes aux mains de l'extrême droite.
C'est le jour de l'élection des présidents des treize commissions,
là où se préparent toutes les décisions du Conseil
régional. Le FN ne présente aucun candidat et vote pour les
amis de Millon. Mais, fait nouveau, Millon décide qu'il y aura des
premiers vice-présidents de commissions, postes qui n'existaient pas
dans l'assemblée précédente. Les amis de Millon ne présentent
aucun candidat et votent massivement pour les candidats FN ainsi que pour
Hugues Petit (FN) au poste de rapporteur général du budget !
Lors du vote du budget de la Région, le FN proposait de diminuer globalement
le budget de 10 % au prix de coupes sombres dans quelques domaines bien définis
:
Enseignement
Suppression de 183 millions de francs sur le budget enseignement (de 1 716
millions de francs) destiné à la réhabilitation, à
la construction et à l'entretien des lycées, notamment en ce
qui concerne le désamiantage, et les aides aux formations. Pour l'enseignement
supérieur, le FN propose de supprimer 71 % du budget destiné
aux bourses pour des étudiants allant se former quelques mois à
l'étranger, 26 % du budget pour les contrats d'objectifs et 38 % de
l'aide aux établissements.
Formation professionnelle
Suppression de 38 millions sur le budget "apprentissage" (de 399
millions de francs) sur la ligne des aides aux formations.
Emploi-économie
Suppression de 355 millions sur le budget "économie et technologie"
(de 358 millions de francs) et "formations continues" (de 931 millions
de francs) avec suppression totale des aides pour le développement
de l'emploi et l'organisation du travail, l'accès des jeunes à
l'emploi, l'appui à l'insertion par l'économique, les plans
d'accès à une première expérience professionnelle,
les emplois de proximité, la création et le maintien de l'emploi,
l'insertion des publics en difficulté.
Transports
Suppression de 107,5 millions de francs sur ce budget (de 1561,5 millions
de francs) pour tout ce qui touche aux investissements ferroviaires (moins
26 %), le réseau à grande vitesse (suppression totale), les
centres d'échanges ainsi que les études et expertises (moins
57 %).
Urbanisme-habitat
Suppression de 48 millions de francs sur ce budget (110,5 millions de francs)
avec suppression de 72 % du budget pour les logements des plus démunis
et suppression totale de tout ce qui touche à la politique sociale
de la ville et la mixité sociale en milieu urbain.
Environnement
Suppression de 48 millions de francs sur ce budget (de 140,5 millions de francs)
visant les parcs régionaux et l'assistance information.
Recherche
Suppression des 2/3 de ce budget de 120,5 millions de francs, pour ce qui
concerne les programmes spécifiques, les investissements lourds, l'incitation
au transfert de technologie.
Culture
Suppression de 19,5 millions de francs sur ce budget de 133 millions de francs
pour ce qui concerne le développement culturel en milieu rural et les
filières culturelles.
Communication
Suppression totale de ce budget de 22 millions de francs qui est normalement
destiné i informer le public de la politique du conseil régional.
Pour le FN, il est inutile d'informer les citoyens !