Elle génère haine et violence.
Du 9 au 19 juin 1998 se tient devant la Cour d'Assises d'Aix en Provence,
le procès de trois colleurs d'affiches du Front National qui devront
répondre des chefs d'accusation d'homicide volontaire, de complicité
et de tentative d'homicide volontaire , commis le 21 février 1995 sur
la personne d'Ibrahim Ali
Ce procès montre, comme d'autres procès de ce genre, que cette
idéologie incite à la haine et pousse au crime.
Le
vendredi 5 Juin 1998, à Voiron, lors d'un débat organisé
par Ras l'front, des individus masqués et habillés de noir ont
brutalisé des personnes participant à une réunion sur
la situation de blocage créée à la Région par
l'alliance conclue entre Charles Millon et le Front National.
Cet acte souligne une fois encore combien cette idéologie est incompatible
avec l'activité citoyenne.
Elle entrave toute politique de progrès social. Par exemple, le Front
National considère qu'en matière d'Ecole il faut outrepasser
le préambule de la Constitution de 1946 confirmé par la Constitution
actuelle qui dispose que " l'organisation d'un enseignement public, gratuit,
laïc à tous niveaux est un devoir d'Etat " Au Conseil régional,
le Front National propose des réductions budgétaires qui pénaliseraient
la réhabilitation, la construction et l'entretien des lycées
(le désamiantage par exemple).
Ces réductions ou suppressions concernent aussi la formation professionnelle,
l'emploi, les transports, l'urbanisme ainsi que l'environnement, la recherche,
la culture... Une telle politique ne peut qu'aggraver les conditions de vie
de ceux qui sont au chômage, de ceux qui bénéficient légitimement
d'aides sociales, c'est-à-dire des plus pauvres (et non pas seulement
"des immigrés").
II y a un mensonge inhérent à cette idéologie qui prétend
viser le bien du peuple, alors que celui-ci est rabaissé au statut
d'une masse devant suivre le Chef et que son intérêt ne peut
être assuré que par des mesures anti-sociales, anti-républicaines.
Notre intérêt commun n'est pas dans la haine et la discrimination
mais dans l'égalité citoyenne. Elle entraîne les forces
de Gauche à envisager des stratégies différentes au conseil
régional. Le Front national, en s'alliant à Charles Millon et
à son équipe, dans la répartition des postes-clés
du Conseil Régional de Rhône-Alpes, contraint la Gauche, dès
la discussion du budget 1998, à choisir entre deux partis.
Ou bien, selon la position que le PC semble tenté d'adopter pour les
bourses d'étudiants en séjour à l'étranger, accepter
de tenir face au Front National le rôle de membre de fait de cette majorité
alternative que Charles Millon déclare rechercher ponctuellement. Attitude
qui, à première vue, semble suggérée par le soucis
de se concilier un public surtout soucieux de ses intérêts immédiats,
mais que l'on peut aussi interpréter comme un projet de stratégie
à long terme : c'est supposer que la coalition Millon/FN est fragile
et ne résisterait pas à une politique présidentielle
s'appuyant sur des majorités de rechange. Ou bien, comme le PS et les
Verts en ont décidé, refuser en bloc toutes les propositions
budgétaires du président, notamment celles en matière
de culture, d'enseignement, de formation, de politique de la ville qui n'ont
pas l'aval du FN et de ce fait seront repoussées : au-delà d'une
position de principe contre la coalition majoritaire, il s'agit d'enfermer
Charles Millon dans son alliance avec l'extrême droite, pour faciliter,
espère-t-on, la constitution d'une opposition la plus large possible
contre lui. Agissons ensemble en commun face au danger que présente
cette idéologie.