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Sommaire du numéro "Pacte Millon-FN
chaque citoyen est concerné"

Région Rhône-Alpes : la démocratie en danger

Charles Millon qui avait à de nombreuses reprises affirmé qu'aucune alliance avec le FN n'était pour sa part envisageable s'est fait élire à la présidence de la région avec les voix du FN. Non seulement, il ne démissionne pas malgré les protestations citoyennes, mais en plus il crée pour la première fois des postes de premiers vice-présidents aux commissions, pour laisser un espace à ses alliés fascistes. Celui qui se présentait comme un antifasciste vertueux a pactisé avec un parti xénophobe et raciste. Pour un élu, le non-respect de sa parole est toujours un fait grave qui fait vaciller la démocratie.
Et si aujourd'hui en Rhône-Alpes, il nous faut réagir dans l'urgence et trouver une solution rapide, il n'empêche que notre société ne pourra pas faire l'économie d'un large débat citoyen sur le fonctionnement de nos institutions, sur la question de la délégation, sur celle de la définition, de la détermination et du contrôle des mandats électoraux. II faut réaffirmer haut et fort que la légitimité des élus procède des citoyens/électeurs, qu'ils sont seulement nos représentants et non pas nos maîtres. C'est aussi du dysfonctionnement de notre démocratie que vient la progression du FN. Millon a trompé l'ensemble des électeurs et des citoyens ; car si ce n'est pas dans l'illégalité, c'est pour le moins dans l'illégitimité et l'indignité qu'il a obtenu sa place à la présidence de la région.
En face de cette droite extrême, alliée à l'extrême-droite, le positionnement des élus de la gauche plurielle semble mal aisé. Alors que partout dans le pays, la stratégie du FN est de prendre le pouvoir en absorbant une partie de la droite déstabilisée par les récentes défaites électorales, il est fondamental que les citoyens comprennent clairement les enjeux. Dans cette période, où la coupure entre citoyens et élus ne cesse de se développer, la tactique des élus de la gauche plurielle ne permet pas d'envoyer un message clair aux citoyens. La stratégie des élus de gauche qui a consisté à voter systématiquement contre Millon - pour démontrer sa dépendance vis-à-vis du FN - a produit des effets pervers. La non attribution des bourses pour les études à l'étranger lors du vote à la Commission permanente fin du mois de mai en fournit un exemple intéressant. La conséquence la plus fâcheuse est de voir que finalement le FN est en mesure d'imposer à lui seul ses choix, Et s'il n'est pas question de douter que les élus de la gauche plurielle tentent avec tous les moyens juridiques dont ils disposent et les stratégies politiciennes qu'ils élaborent de mettre à bas le pacte Millon-FN, il n'en reste pas moins vrai que leur démarche n'est guère transparente pour les citoyens. II aurait fallu dès le lendemain de l'élection de Millon que les partis de gauche et leur militants s'adressent sur le terrain aux électeurs et aux citoyens pour leur expliquer concrètement ce qu'allait être la stratégie de leurs élus. Au lieu de cela, l'action certes a été menée à l'intérieur du conseil régional mais les citoyens n'ont pas eu accès dans des réunions publiques, ou par voie de presse, aux décisions tactiques qui allaient être prises. Cela a eu pour triste conséquence de banaliser finalement ce pacte Millon-FN.
Pour notre part, aujourd'hui, nous pensons qu'aucun citoyen ne doit tolérer un conseil régional où les combines permettent à Millon d'être président, et aux membres du FN d'obtenir des postes. Les principes même de la démocratie y sont bafoués. Nous appelons solennellement les élus pour qui les mots République et Démocratie ont encore un sens - et nous sommes persuadés qu'ils sont nombreux - à démissionner en bloc afin de créer une crise politique d'envergure qui contraindra le gouvernement à dissoudre le conseil régional. Seule cette crise politique pourra permettre d'exprimer le désaccord de principe des démocrates et surtout de le dire clairement aux citoyens en envoyant un signal fort. Seule cette démission permettra de remettre au centre du débat régional la question de ce pacte scandaleux et inadmissible.
Mais quelles que soient les décisions qui seront prises par les élus régionaux, il nous appartient à nous citoyens, associations, syndicats de tout mettre en œuvre pour exprimer notre détermination à ne pas laisser perdurer cette situation et à imposer un retour aux valeurs de la démocratie et de la civilisation en chassant du conseil régional les traîtres et les fascistes.

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