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Sommaire du numéro "Pacte Millon-FN
chaque citoyen est concerné"

Millon fait de la collaboration, préparons la résistance

Millon ne s'est jamais présenté devant ses électeurs en présentant ses intentions d'alliance avec le FN pour garder la présidence de la région, il a trahi les électeurs, c'est Millon le renégat. Pour garder son fauteuil de président, ses privilèges et son pouvoir. Millon est prêt à faire alliance avec n'importe qui et en l'occurrence des fascistes, c'est Millon l'opportuniste. Afin de s'acheter une légitimité, une notoriété. Millon crée un nouveau parti faisant la passerelle entre droite et extrême-droite dans le but de l'exporter sur l'ensemble du territoire national, c'est Millon l'ambitieux. Millon est l'exemple de ce que la politique a fait de pire. Millon représente un danger pour la démocratie, il doit être combattu.
Mais ce que Millon a fait, il ne l'a pas fait tout seul. Ils sont des dizaines de conseillers régionaux en Rhône-Alpes à le soutenir dans son alliance avec le FN. Ils sont plusieurs centaines en France si l'on additionne toutes les régions qui sont dans une situation analogue. Ils sont des milliers de militants de droite à envisager cette alliance pour reprendre les rennes du pouvoir. En fin de compte, ne suffirait-il pas que le FN fasse preuve, comme en Italie, d'un soupçon de pédagogie pour devenir rapidement fréquentable ? Plusieurs dirigeants de droite (Madelin entre autre) affirment que les valeurs communes sont multiples. Certes, l'histoire ne se répète jamais, néanmoins il est utile de tirer des leçons du passé pour comprendre le présent et préparer l'avenir : le 10 juillet 1940, ils n'étaient que 80 députés sur 666 à voter contre les pleins pouvoirs à Pétain.
II serait faux de penser que l'alliance de la droite et de l'extrême-droite soit contre nature. D'ailleurs le patronat ne marque pas beaucoup de crainte vis-à-vis de l'extrême-droite, un dirigeant national d'une organisation patronale a récemment appelé à l'alliance de la droite avec le Front national. Effectivement les régimes fascistes ont toujours porté des attaques violentes contre les salariés et les organisations syndicales. Les libertés d'expression ne sont pas véritablement supprimées pour les classes aisées, la convergence d'intérêts est forte, la collaboration est permanente. Les organisations ouvrières ont toujours été les victimes privilégiées de l'extrême-droite qui ne manque jamais de zèle pour défendre les bénéfices patronaux. Les droits sociaux sont supprimés, les travailleurs sont encore plus exploités, la pensée doit devenir unique. Les classes sociales dominantes n'hésiteront pas à soutenir l'extrême-droite si elle se sentent menacées.
Au Conseil régional, la gauche semble incapable de développer une ligne d'action cohérente et efficace : aucun débat n'est engagé avec la population. La lamentable attitude des conseillers de gauche conduit à des incohérences graves, citons pour exemple le vote pour les bourses étudiantes.
Notre activité syndicale ne doit pas souffrir de ce type d'erreur. Elle doit reposer non seulement sur des axes humanitaires et démocratiques mais également économiques et sociaux. Nous vaincrons l'extrême-droite par des actions et des informations pour la solidarité (les sans-papier, la jeunesse, les femmes, la culture, les exclus...) et sur l'économie (l'emploi, le temps de travail, l'écologie, les services publics, la Sécurité sociale, la taxation des richesses). Mégret a parfaitement compris le rôle capital des organisations ouvrières dans la lutte contre le FN, et c'est la raison pour laquelle il développe des syndicats à sa botte. Notre responsabilité est grande, organisons la résistance.
Le FN veut faire de la région Rhône-Alpes une base d'implantation stratégique. De multiples moyens sont déployés tant côté vitrine (participation à la gestion économique, création d'une association caritative à Grenoble, présentation des listes au prud'homales...) que côté mur (agression à Lyon de locaux syndicaux étudiants, du centre de planning familiale, agression à Voiron). II faut compter également avec les réactionnaires de la droite traditionnelle, qui ne restent pas non plus inactifs avec par exemple la tentative de récupération du collectif des chômeurs de La-Tour-Du-Pin par le CIDUNATI. Notre action doit être permanente sur tous nos secteurs d'activité. Le syndicat SUD-Isère informera systématiquement les salariés sur le programme du FN, ses origines et ses déclarations. Notre information portera également sur les actes du FN. Nous appellerons également à toutes les actions anti-fascistes. Mais la situation réclame une réaction plus forte encore. Ne serait-il pas plus possible de rédiger un bulletin d'information mensuel, tourné vers les entreprises du département, et rédigé unitairement par l'ensemble des syndicats du département  ? Cette brochure porterait principalement sur l'activité du Conseil régional, et l'actualité départementale. Une telle initiative ouvrirait sans aucun doute des perspectives tris intéressantes. Ne répétons pas les erreurs du passé, face à l'extrême-droite dépassons nos différents politiques.

SUD PTT