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Sommaire du numéro "Pacte Millon-FN
chaque citoyen est concerné"

La CFDT, le Front national et la région Rhône-Alpes

La CFDT considère que dans la vie publique démocratique il convient de bien distinguer les deux modes d'intervention que sont la politique et le syndicalisme. Ce principe serait-il en passe d'être oublié, puisqu'à de nombreuses occasions la CFDT a, par divers moyens, publiquement dénoncé l'alliance objective avec le Front national qui a permis à Charles Millon de conserver la présidence de la région, de constituer en partie son exécutif et d'adopter son budget ? Nullement , car l'enjeu de notre opposition au FN, parti qu'il n'est pas exagéré de qualifier de totalitaire, se situe en amont du fonctionnement de la démocratie. dans l'existence même de celle-ci, condition indispensable à l'exercice normal de l'activité syndicale, comme souvent, la meilleure façon d'affronter une situation difficile est de le faire en veillant à ce que là passion n'aveugle pas l'intelligence.
Prenons conscience d'abord que notre analyse des causes complexes, multiples du développement en France du FN ne peut se ramener aux explications catéchisées du genre " expression naturelle du développement du capitalisme international et de ses mortelles contradictions "... Ces . analyses . nous paraissent non seulement simplistes mais dangereuses en ce sens qu'elles rejoignent paradoxalement la vision du FN selon laquelle il n'y aurait aucun espace politique entre lui-même et la gauche.
Certains préconisent que l'ensemble des élus républicains du conseil régional démissionnent pour y provoquer une situation de crise.
Cette proposition oublie le détail suivant : s'ils démissionnaient les élus RPR et UDF opposants à la politique d'alliance avec le FN seraient remplacés au bout du compte par des élus qui lui seraient favorables. Ainsi Millon, débarrassé de ses opposants de la droite républicaine, disposerait de toutes les voix de sa liste, ce qui porterait sa majorité à 96 !
Compte tenu de la législation en vigueur, il ne reste donc à l'ensemble des élus républicains, s'ils veulent mettre un terme à la situation présente, que de conclure un accord qui entraîne le ralliement de quelques élus de l'actuelle majorité.
La nouvelle majorité ainsi constituée pourrait adopter soit une solution du type Franche-Comté ou du type PACA (une des composantes républicaines laisse l'autre présider la région), soit mettre lors du vote du prochain budget l'actuel exécutif dans une situation de blocage pouvant justifier une dissolution de l'assemblée régionale et de nouvelles élections selon un nouveau mode de scrutin qui devrait être adopté en septembre sur le modèle de l'élection des conseils municipaux des grandes villes.
Si l'on a cette analyse en tête, on peut alors adapter les interventions, non sur le fond, qui n'est pas négociable - l'alliance avec le FN est inacceptable - mais dans leur forme : en diabolisant sans distinction l'ensemble des conseillers qui soutiennent actuellement Millon ne prendrait-on pas le risque de bloquer dans leur attitude présente certains qui s'interrogent et ainsi peut-être de figer la situation pour six ans. L'enjeu mérite que l'on s'interroge ?
La région n'est pas qu'un enjeu de pouvoir politique. C'est aussi un intervenant important dans la vie économique avec un budget de 7 milliard dont une partie est directement injectée dans l'économie régionale et représente quelques dizaines de milliers d'emplois.
Des entreprises attendent, par exemple, que des procédures de marché de réhabilitation de lycée soient passées. Tout blocage des mécanismes de décision serait fatal pour certaines, avec de graves conséquences pour l'emploi. De même des associations attendent le versement de subventions, des engagements du Contrat de plan Etat-région doivent être sans retard honorées. Perdre de vue cet aspect des choses, c'est oublier que les états d'âme individuels ne sont pas suffisants pour fonder l'action publique.
Le Front national doit être battu sans faiblesse mais la précarité également et l'exclusion et le chômage. Un syndicalisme responsable ne peut à aucun moment faire l'économie de considérer l'ensemble de ces combats à mener de front dans toute leur complexité.

UD-CFDT