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Sommaire du numéro " Dans quelle Europe voulez-vous vivre ?"

De la méso-économie à la méso-guerre

J'avais dans l'idée de m'embarquer sur les "Camarades aristochats", bien sûr pas les chats de gouttières porteurs d'avenir, mais les chats d'appartement gommés, soumis aux maîtres, traîtres au peuple des chats. Mais l'actualité (comme on dit), qui met au premier plan la "modernité-mondialisation" bien aimée et ses effets, m'oblige à différer mon projet. D'abord un mot sur la dame Voynet qui a totalement capitulé sur la question des camions qui n'ont à rien à foutre sur les routes, encore moins dans les tunnels. La dame s'est vendue pour un plan de lentilles, celui du pouvoir. Elle devait combattre pour que les camions soient mis sur les trains. Elle devait faire campagne à ce sujet. Queue d'âne, elle s'est tue. Que retombe sur elle, entre autres, la culpabilité du désastre de la rentabilité, du fric au Mont Blanc... Peut-être que Jospin lui avait offert un camion pour ses vacances ?
Puis nous voilà au cœur de la barbarie en Europe centrale. C'est donc l'Europe qu'on nous concoctait depuis longtemps sous divers apparats ; regardez-la frémissante du sang des peuples dits archaïques. Car sous couvert de bombardements, ils se partagent tous le boulot pour que ces gens s'entre-tuent les uns (les bombardés) chassant les journalistes, les autres (ceux qui bombardent) chassant les ONG et les observateurs internationaux du Kosovo. Ni vu ni connu. Prosternez-vous donc devant le nouveau maître américain de l'Europe (cette blague là, on ne vous l'avait pas dite) et récites le Pater Noster en euro, moitié en dollar. il se trouvera bien un économiste en col blanc empesé pour vous expliquer pourquoi c'est génial, ou mieux pourquoi c'était écrit dans la modernité-mondialisation !
Peut-être qu'avec la méso-économie on pourrait vous analyser cette affaire, vous savez ce nouveau terme qui est sensé "faire bien" parce qu'incompréhensible. Si j'ai bien saisi (parce que j'ai fait travailler mon ciboulot), la méso-économie, qu'on peut dire mésomorphe, serait la situation intermédiaire de l'économie entre l'état repérable d'idéologies diverses (se rattachant toutes à une dominante) à laquelle elle est nécessairement réduite à un pôle, et l'état où elle cesse de dire ou d'être, à l'autre pôle, pour entériner le néant de toute pensée. Elle tenterait là, pour échapper à toute déréliction, de se vêtir des oripeaux des mathématiques. C'est précisément ce passage, qui va du double langage, au travestissement, puis à la décomposition du langage, qui permet de définir, semble-t-il Madame l'Europe moderne, dont il faut bien justifier son clinquant, par-dessus le chômage, la misère, les charters pour les sans papiers, les exodes, les bombes, les Américains en place de l'Europe politique... Au fond la méso-économie s'apparente au langage "novlangue" de "1984", où toutes les diverses préoccupations humaines sont signifiées dans des mots dépourvus de sens.
C'est ainsi évidemment, par extension, qu'on pourrait définir la méso-guerre, ce stade intermédiaire entre la mise à l'épreuve d'un matériel militaire nettement plus performant et sophistiqué que pour la guerre contre l'Irak de 1991 (y a déjà pourtant comme un défaut aux F17), et une nouvelle guerre genre Vietnam, travestie en intervention humanitaire, que le gouvernement US se prépare à nous servir avec ses cocottes dites européennes. C'est le plus beau carnaval masqué jamais vu où toutes les cocottes politiques en rut, de toutes obédiences, baisent entre elles sans réserve, sous l'œil attendri de la pax americana, dans le vacarme des bombes. Ah quand toutes les sortes de Talibans du monde viendront prendre possession des lieux, rasés de toute civilisation par leurs amis américains, Clinton et sa suite pourront s'offrir les fesses de leurs femmes voilées ! Quel divin plaisir avec quelques magnats de la finance qui offriront des cigares de Cuba sur les charniers.:. La "modernité-mondialisation" sera au comble de son zénith.
Mais, mais cette fabulation européo-américano-méso je ne sais quoi, est sans compter sur le petit peuple à qui les exodes sans fin vont peut-être restituer des idées archaïques de solidarité internationale... Et là il se passera des trucs imprévus.

C.J