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sommaire du numéro spécial Chômeurs en lutte

Lettre ouverte du Mouvement des chômeurs
en réponse au communiqué de presse de M Destot,
paru dans " Le Dauphiné Libéré " le 14 mai 1998.

M. Destot, vous jouez du communiqué de presse pour discréditer l'action du mouvement des chômeurs en lutte. Pour notre part, nous pensons que le bon exercice de la démocratie passe par la transparence et la justesse des informations accessibles aux citoyens, c'est pourquoi il nous faut absolument préciser quelques éléments afin d'éviter les fausses représentations.
M Destot, vous dites n'être pour rien dans l'expulsion des chômeurs de la place de Verdun, alors qu'un responsable de la mairie, le 8 mai 1998, en avait fait la demande à la préfecture sous le prétexte bien peu crédible que les espaces verts doivent " rester disponibles et ouverts à tous les usagers " et que des employés municipaux et des véhicules de la mairie ont été réquisitionnés pour effectuer l'évacuation.
M. Destot, vous prétendez avoir accueilli le Mouvement des chômeurs pendant trois semaines à la mairie cet hiver. Faut-il rappeler qu'il s'agissait d'une occupation et que vous avez jugé bon de nous faire évacuer par la police municipale au petit matin d'un dimanche de février.
Quel sens de l'hospitalité !!!...
Pour finir, M. Destot, vous affirmez regretter l'absence du Mouvement des chômeurs à une réunion relative au projet de loi contre l'exclusion, alors que si nous avions été informés, il est bien évident que nous serions venus. Mais, nous prenons acte de la proposition qui nous est faite de rencontrer M. Motte, président de la commission solidarité, et M. Pecqueur, président de la commission économique, et en acceptons le principe.
Sachez, M Destot, que si nous n'étions pas précaires, chômeurs, exclus, nous pourrions sûrement, nous aussi, nous amuser à polémiquer, avec vous.
Toutefois, pour nous, l'urgence est ailleurs. Le patronat augmente ses bénéfices en licenciant les salariés. La bourse ne cesse de croître alors que la pauvreté s'étend. Le partage des richesses est de plus en plus injuste. L'orientation libérale de nos économies, la renonciation politique de la gauche molle condamne de plus en plus de citoyens à la précarité, au chômage et à l'exclusion.
Persuadés que seuls le mouvement social et l'action citoyenne sont à même de permettre une remise en cause de l'ordre économique libéral qui tente de s'imposer à nous, nous avons décidé, avec nos moyens, d'occuper la place de Verdun. Nous étions là pour réclamer du préfet l'organisation d'une table ronde entre le Mouvement des chômeurs (AC!, Comité de chômeurs CGT, DAL,...) et différents décideurs sur les questions concernant : la gratuité des transports, l'exonération de la taxe d'habitation, le surendettement bancaire, l'arrêt des coupures de fluides, le droit aux soins et à la culture, la représentation des chômeurs dans les instances qui les concernent.
Nous voulions aussi exprimer par cette action notre détermination alors qu'à l'Assemblée Nationale se déroulent les débats sur la loi contre l'exclusion. Nous voulions dire aux député, la nécessité à lutter efficacement contre l'exclusion ses conséquences mais aussi et surtout ses causes économiques et sociales.
Nous vous réaffirmons, M. Destot, qu'il ne suffit pas de faire évacuer ou d'être complice de l'évacuation des chômeurs pour éradiquer le chômage.
Ce dont nous avons besoin c'est de courage et de détermination pour la mise en œuvre d'une véritable politique sociale et anti-libérale.

Mouvement des chômeurs en lutte.
Grenoble, le 15 mai 1998
Fax: 04 76 40 36 42.