M.
Destot, vous jouez du communiqué de presse pour discréditer
l'action du mouvement des chômeurs en lutte. Pour notre part, nous pensons
que le bon exercice de la démocratie passe par la transparence et la
justesse des informations accessibles aux citoyens, c'est pourquoi il nous
faut absolument préciser quelques éléments afin d'éviter
les fausses représentations.
M Destot, vous dites n'être pour rien dans l'expulsion des chômeurs
de la place de Verdun, alors qu'un responsable de la mairie, le 8 mai 1998,
en avait fait la demande à la préfecture sous le prétexte
bien peu crédible que les espaces verts doivent " rester disponibles
et ouverts à tous les usagers " et que des employés municipaux
et des véhicules de la mairie ont été réquisitionnés
pour effectuer l'évacuation.
M. Destot, vous prétendez avoir accueilli le Mouvement des chômeurs
pendant trois semaines à la mairie cet hiver. Faut-il rappeler qu'il
s'agissait d'une occupation et que vous avez jugé bon de nous faire
évacuer par la police municipale au petit matin d'un dimanche de février.
Quel sens de l'hospitalité !!!...
Pour finir, M. Destot, vous affirmez regretter l'absence du Mouvement des
chômeurs à une réunion relative au projet de loi contre
l'exclusion, alors que si nous avions été informés, il
est bien évident que nous serions venus. Mais, nous prenons acte de
la proposition qui nous est faite de rencontrer M. Motte, président
de la commission solidarité, et M. Pecqueur, président de la
commission économique, et en acceptons le principe.
Sachez, M Destot, que si nous n'étions pas précaires, chômeurs,
exclus, nous pourrions sûrement, nous aussi, nous amuser à polémiquer,
avec vous.
Toutefois, pour nous, l'urgence est ailleurs. Le patronat augmente ses bénéfices
en licenciant les salariés. La bourse ne cesse de croître alors
que la pauvreté s'étend. Le partage des richesses est de plus
en plus injuste. L'orientation libérale de nos économies, la
renonciation politique de la gauche molle condamne de plus en plus de citoyens
à la précarité, au chômage et à l'exclusion.
Persuadés que seuls le mouvement social et l'action citoyenne sont
à même de permettre une remise en cause de l'ordre économique
libéral qui tente de s'imposer à nous, nous avons décidé,
avec nos moyens, d'occuper la place de Verdun. Nous étions là
pour réclamer du préfet l'organisation d'une table ronde entre
le Mouvement des chômeurs (AC!, Comité de chômeurs CGT,
DAL,...) et différents décideurs sur les questions concernant
: la gratuité des transports, l'exonération de la taxe d'habitation,
le surendettement bancaire, l'arrêt des coupures de fluides, le droit
aux soins et à la culture, la représentation des chômeurs
dans les instances qui les concernent.
Nous voulions aussi exprimer par cette action notre détermination alors
qu'à l'Assemblée Nationale se déroulent les débats
sur la loi contre l'exclusion. Nous voulions dire aux député,
la nécessité à lutter efficacement contre l'exclusion
ses conséquences mais aussi et surtout ses causes économiques
et sociales.
Nous vous réaffirmons, M. Destot, qu'il ne suffit pas de faire évacuer
ou d'être complice de l'évacuation des chômeurs pour éradiquer
le chômage.
Ce dont nous avons besoin c'est de courage et de détermination pour
la mise en uvre d'une véritable politique sociale et anti-libérale.