Dix
jours place de Verdun, quelle affaire !...
Voici, en quelques mots simples, ce que j'ai ressenti pendant cette occupation.
Cette " aventure humaine " restera gravée longtemps dans
ma mémoire.
Ce fut tout d'abord l'occasion de " resserrer " les rangs.
Ce fut aussi la chance d'avoir eu des visites (diurnes et nocturnes) :
- Chômeurs désespérés qui n'ont plus confiance,
qui n'ont plus de réponses dans les structures existantes.
- De la grand-mère qui t'explique qu'avec l'argent qu'ils lui piquent
les chômeurs (via l'État), elle ne pourra pas se payer son voyage
aux Bahamas.
- Du poivrot imbibé qui t'injurie.
- De l'ancien tolard à qui on refuse la réinsertion.
- jusqu'aux gens de la nuit qui te racontent leurs galères et qui finissent
par te demander en mariage.
J'en passe car ce chapelet m'attriste ! ... II y a bien quelques frottements
dus à la fatigue et au pouvoir que quelques-uns essayent d'exercer,
mais quelle aventure quand, assis autour d'un brasero, on passait des nuits
blanches. Mais le 10 mai au matin, n'ayant pas eu le temps de creuser nos
tranchés ni de retourner nos canons, nous avons été pris
à revers par des "petits hommes bleus " : l'ambiance n'était
plus la même. Nous n'avons évidemment pas mis une volonté
évidente à les aider dans leurs jeux de massacre, ni dans leurs
arrachages de banderoles. Bref, on a réussi à médiatiser
au maximum l'expulsion (ce qu'il voulait éviter ces faux jetons). Sachez
que cela ne s'est quand même pas passé dans une extrême
douceur : comme déménageurs il y a mieux. Ils ont cassé
nos maisons, nous ont jetés dehors comme des " malpropres "
mais il faut qu'ils sachent ces chers i "responsables politiques "
que contrairement à ce qu'ils espèrent, c'est par ce genre d'actions
qu'ils amplifient notre lutte. Nous sommes de plus en plus déterminer
à sortir la tête de l'eau. " Chômeurs à la
niche et Tais toi " ce slogan n'est plus de rigueur. Y en a marre on
a perdu quelques batailles mais c'est eux qui perdront la guerre.