Les 18 et 19 avril se sont tenues des Assises européennes
contre le chômage, la précarité et les exclusions à
l'initiative du réseau des Marches européennes constitué
à la suite de la manifestation d'Amsterdam de juin 97. Le but de ce
réseau est " d'apporter a travers nos luttes, nos revendications,
un espoir, une perspective nouvelle, l'Abolition du chômage, et le projet
d'une société de liberté et de justice sociale, d'une
Europe et d'un monde où l'économie et le politique seront au
service des hommes et des femmes et non l'inverse, et où tous les citoyens
participeront aux grands choix de la vie publique " (plate-forme revendicative
européenne contre le chômage, la précarité et les
exclusions, 19 avril 1998).
Ces
Assises ont rassemblé près de 300 personnes d'une quinzaine
de pays différents, dont beaucoup de chômeurs : associations,
syndicats, comités de chômeurs, dont pour ce qui est de la délégation
française, des représentants d'AC !, du MNCP, de l'APEIS, de
la CADAC, du CdSL, du DAL, des syndicats du groupe des Dix, de la CFDT en
lutte, de la FSU etc. De nombreux syndicats européens étaient
présents : Sin-COBAS italiens, CGT et des militants des CCOO espagnoles,
IG-Metall et IG-Medium (Allemagne) etc.
Les différents forums (emploi, protection sociale, traités européens,
mobilisation et calendrier d'action, acteurs des mouvements sociaux) ont donné
lieu à des échanges particulièrement intéressants.
Le mouvement de décembre-janvier en France a donné lieu à
de nombreux débats, les militants essayant de comprendre à la
fois les ressorts de cette mobilisation, les revendications, la dynamique
unitaire qui s'est manifestée etc. tout en tirant des conclusions sur
la nécessité d'une organisation autonome des chômeurs
et de l'unité salariés-chômeurs sans laquelle la lutte
ne peut déboucher sur des avancées concrètes.
Agir ensemble contre le chômage (AC !) est partie prenante de ce réseau
car nous sommes convaincus qu'aujourd'hui, à l'heure de la flexibilité,
alors que le chômage de masse touche près de 20 millions de personnes,
que les services publics et la protection sociale sont l'objet d'attaques
incessantes visant à leur démantèlement, les luttes des
salariés et des chômeurs doivent s'inscrire dans une perspective
européenne. Les Marches de 1997, Vilvoorde, ont montré que seule
une mobilisation coordonnée dans les différents pays est à
même de porter les revendications des travailleurs et des chômeurs
et de faire pièce à la logique libérale qui encadre l'unification
européenne.
Les Assises de Bruxelles ont ainsi adopté des revendications qui doivent
constituer les bases d'une future campagne européenne, notamment sur
la question de la réduction du temps de travail à 35h, vers
les 32 et les 30 heures hebdomadaires, avec embauches correspondantes, sans
perte de salaire ni de pouvoir d'achat, sans flexibilisation, sans annualisation,
mais aussi pour un revenu permettant à tous et à toutes de vivre
décemment, sans aucune discrimination d'âge, de sexe ou d'origine.
Enfin les participants ont réaffirmé leur exigence commune d'une
Europe démocratique, ouverte et solidaire, écologiste, sans
discrimination ni racisme, sans chauvinisme ni frontières, avec des
droits civiques et politiques égaux pour tous les habitants, et des
papiers pour tous !
Le calendrier d'action adopté à l'issue des Assises fixe les
priorités pour les deux années à venir : le sommet de
Cardiff du 13 juin 98 et l'organisation à cette occasion d'une grande
manifestation, les manifestations des chômeurs allemands en septembre
98 à Berlin, mais surtout la préparation d'une grande manifestation
européenne à Cologne (Allemagne) le 6 juin 1997 à l'occasion
du sommet européen.