On travaille et tout va bien. On rentre dans un syndicat,
tout va très bien.
On rentre le soir, fatigue. Plus la compresse du patron.
Le soir : politique, pas de gauche, pas de droite, pas de front.
Moi et ma femme, on subit la loi de la dictature.
Dire un mot, c'est aller au-delà d'un patron avec ses convictions.
Malheureusement, je me suis retrouvé au chômage. Moi, avec un
salaire si haut, je n'ai jamais cru que ça aurait pu arriver.
J'ai touché un licenciement.
J'aurai pu garder ma place, ayant une place protégée, mais à
cause d'un syndicat qu'a pas fait ce qu'il fallait, moi chômeur parmi
d'autres.
J'ai connu une souffrance, perdu femme et enfants car je n'osais pas parler.
Moi, le chômeur, je suis resté dans le silence total avec alcool,
cigarettes.
On m'a supprimé rire, amis, manger.
On ne peut pas sortir seul sans un sous dans la poche.
J'ai connu l'argent, j'ai mangé à ma faim, j'ai vécu...
Maintenant je suis séparé, je suis un fantôme, des fois
je suis obligé d'aller boire, car je me sens seul entre 4 murs.
Toi chômeur, peut-être on dit non à tous ça. On
vit dans un monde de secte. Inscrit toi à un parti, on t'aide ou à
un syndicat tout confondu.
Alors, nous chômeurs, il nous faut une étiquette pour parler
de tout ça. ?
Je ne veux pas de mensonge ni d'hypocrisie mais de vrais résultats.
On a le droit de se promener dans la rue, avoir un loisir, comme tout le monde.
Mais vous vous êtes tous à vous déchirer avec votre femme,
avec une cassure. Dès le 7 janvier, j'ai rencontré les gens,
j'ai appris à me battre, alors ne restez pas seul. Alors bougez et
restez toujours debout, gardez confiance en vous et restez honnêtes,
propres, sans méchanceté. Et restez ensemble avant que tout
ne se détruise.